Dans son texte, Clémence Sindze refuse que ces faits soient réduits à des « faits divers ». Elle parle d’un « traumatisme de masse » qui touche la santé mentale collective. « La peur a colonisé les cœurs des Camerounais. Et face à cela ? Une justice muette », écrit-elle.
Pour faire sentir l’ampleur du drame, l’enseignante de formation et psychologue propose un exercice d’empathie : imaginer son propre enfant disparaître, être victime de viol ou retrouvé mort. « Ressentez cette décharge d’adrénaline, ce vide vertigineux, cette douleur psychique si violente qu’elle devient physique », interroge-t-elle.
S’appuyant sur la psychologie, elle met en garde contre deux effets de l’exposition répétée à l’horreur sans réponse judiciaire : « l’impuissance acquise et la désensibilisation ». Selon elle, ce mutisme institutionnel pousserait les citoyens à banaliser l’inacceptable. « Ils veulent que nous devenions aussi insensibles qu’eux », affirme-t-elle.
Par ailleurs secrétaire générale des femmes du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), Clémence Sindze classe ces tragédies comme une « préoccupation de niveau 1 ». Elle estime que dans un État digne de ce nom, tout l’appareil gouvernemental devrait se mobiliser « jusqu’à ce que le dernier coupable soit sous les verrous ». Elle interpelle directement les autorités : « Votre silence est une complicité. Votre inaction est une trahison. Si vous n’avez plus la force, l’empathie ou le courage de protéger les enfants de ce pays, démissionnez ».
Elle conclut en s’adressant aux Camerounais : transformer « la douleur en force politique, la peur en courage civique, et la colère en une exigence absolue de justice ». Objectif affiché : « Révoltons-nous contre la normalisation du pire. Car sauver ces enfants, c’est sauver l’avenir du Cameroun ».
Le viol du bébé Joyce Nawal, 3 ans, a relancé le débat public sur la protection de l’enfance, la célérité de la justice et le rôle des ministères en charge des Affaires Sociales et de la Famille. Plusieurs organisations de la société civile appellent depuis à des mesures fortes et à une réponse pénale exemplaire.
















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