Le document, qui circule sur les réseaux sociaux, est explicite :
« Moi, papa Isaac Matomba, je décide de donner à monsieur Augustin Muteba ma fille de 19 ans, Déborah Ekofo, comme femme si la RDC gagne le match contre le Portugal ou fait match nul. »
L’acte est signé par Isaac Matomba, avec pour témoins Faustin Kayemba, Paulin Mateba et Nolan Fernand. Le bénéficiaire désigné est Augustin Muteba.
Confusion à éviter
Précision importante : cet Isaac Matomba n’a aucun lien avec Matomba Serge Espoir, Premier secrétaire du Peuple Uni pour la Rénovation Sociale (Purs) au Cameroun, connu pour son engagement politique.
Entre traumatisme historique et ferveur populaire
Comment en arriver à un tel pari ? Plusieurs hypothèses. La première renvoie au traumatisme de 1974. Cette année-là, le Zaïre, aujourd’hui RDC, encaisse une lourde défaite 9-0 face à la Yougoslavie lors de sa première Coupe du monde en Allemagne de l’Ouest. Un souvenir encore vivace pour certains supporters.
La seconde hypothèse tient à l’optimisme suscité par le parcours actuel des Léopards de Chancel Mbemba lors des qualifications. Entre peur d’une nouvelle débâcle et foi en l’exploit, Isaac Matomba aurait tranché de façon radicale. S’agit-il d’un simple pari entre supporters ? D’un défi lancé sous le coup de l’émotion ? Le document ne précise pas ce qu’Augustin Muteba aurait mis en jeu en retour. Les conditions exactes de cet « accord » restent inconnues.
Le silence de la principale concernée
Si le respect des parents reste une valeur cardinale dans plusieurs cultures congolaises, la question du consentement de Déborah Ekofo, 19 ans, se pose. La jeune femme, présentée comme « désormais Madame Augustin Muteba » en cas de victoire ou de nul des Léopards, ne s’est pas encore exprimée.
L’affaire relance le débat sur les mariages arrangés et le poids des traditions face au droit des femmes à disposer librement d’elles-mêmes. En RDC, le Code de la famille fixe pourtant l’âge légal du mariage à 18 ans et exige le consentement libre des époux.
Un fait divers qui interroge
Au-delà de l’anecdote, ce cas illustre les dérives que peut engendrer la passion du football quand elle se mêle aux pressions sociales et familiales. En attendant le coup de sifflet final du match RDC – Portugal, une question demeure : le ballon rond peut-il décider d’un destin ?
















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