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Forep 2026 : « seuls 12% des PME ont accès à l’innovation, Yaoundé tire la sonnette d’alarme »

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Les discussions ont porté sur la formation, la recherche-développement et les partenariats avec les universités. Les participants ont plaidé pour un accompagnement accru de l’État et des institutions financières afin de faciliter l’accès des PME aux technologies et aux compétences.

La rencontre s’inscrit dans le cadre des initiatives visant à booster la compétitivité du tissu économique camerounais, dominé à plus de 90 % par les PME. Elle est placée sous le thème « Entreprises privées et environnement des affaires : quels repères face aux incertitudes économiques nationales et internationales ?« . Pour cette deuxième édition, il est question pour les organisateurs d’ouvrir un vaste débat sur les mécanismes permettant aux économies africaines de mieux valoriser le capital humain, les connaissances et les innovations afin d’accélérer leur développement.

À l’issue de la table ronde organisée par Afriland First Bank sur « la PME à l’ère de l’économie de la connaissance« , il ressort un constat sans appel : « Seuls 12 % de nos PME ont accès à l’innovation », un retard que le Pr Désiré Avom juge structurel car, a-t-il expliqué, « Aucune économie au monde ne peut se développer sans innover. Ailleurs, ce sont les Camerounais qui innovent, mais ici au Cameroun, ils n’ont pas cette possibilité« . Pour cet universitaire, l’innovation doit commencer dans nos universités à travers des thèses développées par les étudiants afin de fournir des pistes de solutions.

Pour Richard Chendjou, d’Afriland First Bank, l’immatériel pèse 71 % de la valeur créée pour seulement 29 % de la valeur matérielle. Il a expliqué en outre que « les économies considérées aujourd’hui comme développées ont le plus fort taux de brevets. Exploiter l’intelligence immatérielle autour de ses activités, c’est comprendre les besoins du marché et l’intelligence artificielle« . En effet, pour cet établissement bancaire, engagé depuis 40 ans aux côtés des entreprises, innover et investir dans l’immatériel ne sont plus une option pour les PME camerounaises, mais une condition de survie.

Formation : le « parent pauvre » pointé du doigt

Le PDG du groupe Dovv Distribution n’est pas allé de main morte, arrachant au passage des salves d’applaudissements à l’assistance. Pour Philippe Tagne Noubissi, « Nos enfants ne sont plus formés, ils sont déformés. (…) L’école d’aujourd’hui forme les chômeurs. On devrait déjà faire les états généraux de notre éducation au Cameroun« , a-t-il martelé avec virulence, proposant par ailleurs aux Camerounais de fabriquer les hommes que nous voulons pour le Cameroun de demain. En réponse, le Pr Avom a recommandé aux patrons d’entreprises de prendre leurs responsabilités en accentuant le volet formation au sein de leurs entreprises.

Pour clôturer le panel, le ministre Achille Bassilekin III a rappelé l’enjeu : « 76 % des emplois formels au Cameroun… 36 % de notre PIB est également le fait des PME« .

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