Samuel Eto'o président FECAFOOT - révolution et leadership transformationnel du football camerounais
Samuel Eto'o, président de la Fecafoot
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La révolution Samuel Eto’o : de la liberté des anciens à la liberté des modernes

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Samuel Eto’o Fils est l’une des plus grandes légendes du football camerounais et africain. Devenu président de la FECAFOOT, Samuel Eto’o Fils a marqué l’histoire du FC Barcelone, de l’Inter Milan et des Lions Indomptables. Retour sur le parcours de Samuel Eto’o Fils, de Douala à la présidence de la fédération.

Le syndrome du bâtisseur : cas de Samuel Eto’o Fils 

Depuis l’arrivée de M. Samuel ETO’O à la tête de la Fédération camerounaise de football (FECAFOOT), l’opinion nationale et internationale a été témoin des difficultés, des obstacles et des pesanteurs qu’il a pu rencontrer sur le TERRAIN. Ces péripéties que l’on observe, très souvent dans la vie d’un homme, obéissent à deux lois scientifiques, entre autres, la loi de Machiavel et la loi de Léon Festinger.

Au sens de Machiavel, _il n’y a rien de plus difficile que d’introduire un nouvel ordre_, tandis que Léon Festinger, dans la théorie de la dissonance cognitive, souligne que les rentiers de l’ancien système ne peuvent admettre que leur modèle était obsolète, à la lumière des grandes mutations mondiales sur divers segments du système international. C’est pourquoi la récurrence des attaques contre M. Samuel ETO’O a pour objectif de tout faire pour entacher ce qu’il a réussi à changer, en oubliant qu’_un président hérite toujours de ses prédécesseurs_ tant positivement que négativement. Toutefois, entre les modèles de gouvernance de la FECAFOOT, il convient de préciser que M. Samuel ETO’O est un modèle hybride, malgré ses manquements que l’on reconnaît d’ailleurs à tout homme. Dans sa démarche et ses approches, que certains auraient voulu « scientifiques et théoriques », il imprime sa personnalité grâce à son franc-parler, son audace, son courage, sa détermination, sa notoriété et son capital. C’est ce qu’on appelle le syndrome de l’opposition classique entre les anciens et les modernes. En psychologie sociale, Gustave Le Bon appelle cela la haine de la foule contre l’individu qui s’élève. Quelles leçons ?

La diplomatie du sport comme soft power et smart power

En relations internationales, Joseph Nye parle de _soft power_ et Suzanne Nossel de _smart power_. À ce titre, M. Samuel ETO’O, même s’il ne serait pas nanti de diplômes académiques dans le système LMD, dispose néanmoins de certificats FIFA de haut niveau pouvant lui permettre de se prononcer avec autorité sur toutes les questions relatives à la gestion du football camerounais, africain et mondial. En effet, il a compris ce que ses prédécesseurs n’ont pas voulu intégrer dans leurs visions. À tort ou à raison, le monde a évolué, les pratiques ont changé, « les codes » de langage du sport ont été reconfigurés, « les signes » se décryptent désormais avec une technologie moderne. En substance, la FECAFOOT devrait, d’ores et déjà, être considérée comme une unité de production de biens et de services, encadrée certes par des instruments juridiques nationaux et internationaux, mais davantage organisée, structurée et gérée par des mécanismes plus informels de réseaux tout comme en politique et en diplomatie. Le sport, et singulièrement le football camerounais, est un vecteur de puissance, d’influence, de confluence, de convergence et de concupiscence. Aujourd’hui, M. Samuel ETO’O à la FECAFOOT, demain à la CAF, après-demain à la FIFA, pour parler au nom du Cameroun et de l’Afrique. _ETO’O soft, ETO’O smart_. Il est dans le jeu, le game, les contrats, les partenariats et le business du football. Pour s’en sortir, Mesdames, Messieurs, il faut être un WISEMAN. Comment ?

L’approche Drucker

Sous ses prédécesseurs, le modèle était celui décrit par l’économiste Anne Krueger comme la _rent-seeking society_, dans lequel on attendait la subvention de l’État, la prime FIFA, on organisait un championnat amateur avec une enveloppe légère pour le champion, sans licence biométrique, sans assurance, sans centre de formation, sans comptabilité. C’était une économie sportive hiérarchisée et peu inclusive, où les acteurs étatiques et non étatiques n’étaient pas suffisamment outillés et éveillés comme aujourd’hui. Avec le modèle de M. Samuel ETO’O, l’on observe néanmoins une volonté de création des richesses, des valeurs et des symboles, théorisée par le _management_ de Peter Drucker et Michael Porter. À titre d’illustrations, les comptes sociaux numériques des contenus et des images au format HD pour monétiser l’image des sélections nationales de football toutes catégories confondues, la professionnalisation des contrats de travail homologués FIFA, l’assurance maladie et prévoyance pour les footballeurs d’Elite One et Two, la revalorisation des primes du championnat à une enveloppe considérable, les subventions directes aux clubs d’Elite Two, etc. Des efforts fort appréciables, car l’image du footballeur camerounais d’aujourd’hui est plus belle que celle d’hier à bien des égards : c’est la révolution copernicienne du statut. Observations ?

Le modèle marocain, rwandais et allemand

Ce que fait M. Samuel ETO’O est exactement ce qui a fait du Maroc la première puissance africaine. Fouzi Lekjaa, président de la FRMF, a mis 10 ans pour bâtir le complexe Mohammed VI à 65 millions de dollars, centre névralgique du football marocain. Il a été critiqué pendant 7 ans par la presse de Casablanca. Aujourd’hui, le Maroc est en demi-finale de Coupe du monde et exporte 150 joueurs pros par an. Au Rwanda, la Fédération a bâti la Kigali Arena et le pays en est fier et reconnaissant aujourd’hui. En Europe, la Fédération allemande (DFB) est une entreprise qui pèse 1 milliard d’euros parce qu’elle a osé investir, après l’humiliation de l’Euro 2000, dans 366 centres de formation régionaux selon le plan _Talentförderung_. À cet égard, il va sans dire que M. Samuel ETO’O applique la même doctrine keynésienne au Cameroun. S’il en était encore besoin de le rappeler à tous, mais aussi à chacun, la haine est court-termiste, l’investissement est long-termiste. Que comprendre ?

L’Histoire s’écrit avec l’héritage : Samuel Eto’o Fils en est conscient

Et sur les infrastructures, l’argument de ses détracteurs s’effondre devant les faits et devant la théorie de l’héritage des méga-événements de Holger Preuss. Pour la première fois depuis 1972, le Cameroun possède 6 stades aux normes FIFA : Olembe, Japoma, Ahmadou Ahidjo rénové, Limbé, Bafoussam, Garoua, du fait de la volonté de l’État du Cameroun, sous le leadership transformationnel du président Paul BIYA. Cependant, la science du management des stades enseigne que 90 % des stades africains meurent 2 ans après la CAN. Dans le cas d’espèce, les responsabilités sont partagées et des efforts restent à consentir pour tout le monde, y compris le supporter camerounais. Néanmoins, qui les fait vivre aujourd’hui, malgré tout ? Qui y programme tant bien que mal un championnat professionnel ? C’est la FECAFOOT, avec l’assistance technique du gouvernement, de la CAF et de la FIFA. Une gouvernance multiniveau du football camerounais que M. Samuel ETO’O observe avec son positionnement rationnel et émotionnel, sans pour autant compromettre volontairement les intérêts de toutes les parties. C’est précisément ce basculement de l’héritage passif à l’héritage actif que M. Samuel ETO’O est en train d’opérer par le respect scrupuleux de son agenda et de ses missions stratégiques. Des nécessités ?

Le management de la rupture de Samuel Eto’o Fils

En sciences de gestion, Clayton Christensen parle de _disruptive innovation_ et Joseph Schumpeter de _destruction créatrice_. M. Samuel ETO’O est un disrupteur au sens schumpétérien. En effet, il a supprimé les pratiques opaques des sélections pour imposer la méritocratie, la rigueur et le progrès. Il a exigé que les joueurs et les agents FIFA soient licenciés et que les transferts passent par le Transfer Matching System (TMS) de la FIFA. Toute disruption, selon la courbe de Rogers, crée 2,5 % d’innovateurs, 13,5 % d’adopteurs précoces et 84 % de retardataires hostiles. Les 84 % de perdants de l’ancien système, notamment les intermédiaires, les faussaires de licences, les imposteurs du football et bien d’autres, sont aujourd’hui mécontents de ses réformes. Il faudrait y voir clairement que ce n’est pas le peuple qui parle, c’est la rente qui se défend avec les armes du digital, de la calomnie, de la diffamation, de la désinformation et de la manipulation. Que faire ?

Comprendre l’institutionnalisation

Regardons l’Europe performante pour déconstruire l’afro-pessimisme. En France, Noël Le Graët a régné 11 ans à la Fédération française de football (FFF) transformant cette association sportive en entreprise bénéficiaire des droits TV et du marketing, malgré les critiques permanentes de Daniel Riolo et consorts. En Allemagne, la Deutscher Fußball-Bund (DFB) a connu des scandales financiers majeurs en 2006 sur la Coupe du monde, mais personne n’a demandé sa dissolution. Bien au contraire, des réformes ont été continuellement engagées et investies. En Angleterre, la Football Association (FA) a été en déficit pendant 5 ans pour construire Wembley. Pourquoi au Cameroun, la moindre rumeur devient-elle une affaire d’État qui exige la démission ? Parce que nous n’avons pas encore accepté, selon la théorie de Max Weber sur la bureaucratisation, qu’une fédération moderne est une entreprise complexe qui fait des erreurs de croissance dans ses prévisions analytiques. Les indicateurs du marché sont toujours approximatifs et peuvent observer selon la conjoncture une période de récession ou d’austérité. Qu’à cela ne tienne, il faudrait reconnaître en M. Samuel ETO’O cette capacité à faire passer la FECAFOOT du modèle associatif amateur au modèle corporate moderne. Prime à son capital ?

Le capital symbolique au centre du jeu mondial

Enfin, et c’est l’argument le plus redoutable dans la sociologie de Pierre Bourdieu, notamment celui de comprendre que M. Samuel ETO’O possède un capital symbolique que personne d’autre en Afrique ne possède en matière de football. Quatre Ballons d’Or africains, deux Ligues des champions, meilleur buteur de l’histoire du Cameroun. Ce capital, pour ceux qui pourraient penser que c’est insuffisant pour gérer la FECAFOOT, il le convertit en capital diplomatique, en réseautage et en levier pour faire entendre la voix du Cameroun et de l’Afrique. Pour ce faire, quand la FIFA décide du nouveau format de la Coupe du monde des clubs à 32 équipes avec 4 places pour l’Afrique, quand la CAF décide de la Super League africaine à 100 millions de dollars, le Cameroun est autour de la table pour la bonne conduite des négociations, pas dans la salle d’attente ni aux gradins. C’est cela la diplomatie du sport. Pour un pays qui a donné Roger Milla, Patrick Mboma, Samuel Eto’o, Rigobert Song au monde, sans exclusive, quoi de plus normal aujourd’hui s’il est nécessaire de reconnaître leurs contributions dans la géopolitique du sport, la dignité, la responsabilité, la respectabilité et la consécration des légendes.

L’exigence de la légende et le leadership transformationnel

On reproche à M. Samuel ETO’O d’être autoritaire ? Mais la science du leadership de Bernard Bass distingue le _leadership transactionnel_ du _leadership transformationnel_. Le leader transactionnel négocie avec le désordre. Le leader transformationnel casse le désordre pour imposer l’ordre. Quel grand réformateur ne l’a pas été ? Il serait donc nécessaire de le relever sans aucune forme de procès à qui que ce soit : la gouvernance de rupture exige une verticalité wébérienne, c’est-à-dire qu’on ne négocie pas avec un système obsolète, on le contraint à se réinventer et à se transformer non avec un esprit de critique, mais avec un esprit critique, des propositions, des suggestions et des recommandations saines à la mesure de ses moyens et de ses capacités. C’est ce que fait M. Samuel ETO’O. Sa méthode peut certes choquer très souvent les diplomates de salon, mais elle sauve le football camerounais d’une mort cérébrale.

Le devoir de protection

En définitive, il faut le dire avec une force scientifique à l’opinion nationale et internationale que le Cameroun, l’État du Cameroun, encore moins la FECAFOOT, n’est pas en train de détruire son football, il est en train d’écrire progressivement les plus belles pages de son histoire moderne en la matière, avec des infrastructures sportives pour les générations futures et une volonté politique et présidentielle, selon le modèle de la _path dependency_ positive. M. Samuel ETO’O n’est pas un problème à régler par un tribunal populaire sur les réseaux sociaux numériques. Il est la solution pertinente que le Cameroun a mis du temps à trouver. Le monde et l’Afrique observent le Cameroun. Le peuple camerounais devrait donc faire preuve de maturité en protégeant ce bâtisseur contre les démolisseurs, car comme le dit le proverbe africain : quand la maison est en construction, on ne lapide pas le maçon, et donc, M. Samuel ETO’O est un maçon. Aujourd’hui, Samuel Eto’o Fils reste une icône

Maxime MAMA

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