Potestas et Auctoritas : la confusion autour d’Oswald Baboke
Le débat public camerounais autour de Monsieur Oswald BABOKE repose sur une confusion savamment entretenue entre le pouvoir et l’exercice du pouvoir, ce que les Romains distinguaient par *_potestas_ et _auctoritas_*. En science politique, la _potestas_ est la souveraineté qui appartient au Seul Elu du Peuple, le Chef des chefs, Le Souverain, en clair, au Président, Paul BIYA. Et donc, en ce qui concerne l’ _auctoritas_, il faudrait observer et connaître son Cabinet. Les articles d’un certain magazine appelé « Jeune à Fric », un encre blanc à fric sur du papyrus noir, y compris les commentaires et les joutes verbales des arrivistes des réseaux sociaux numériques, jugent Monsieur Oswald BABOKE, son Épouse et ses Enfants, comme s’il détenait la _potestas_, alors qu’il n’est que le détenteur de l’ _auctoritas_ procédurale et technique de l’Etat du Cameroun. Il est l’horloger qui fait que l’heure présidentielle constitue la référence historique aux fuseaux horaires mondiaux. Cette erreur de catégorie, dénoncée par le juriste Hans Kelsen comme la confusion entre la norme et l’organe d’application, est le point de départ de toutes les impostures qu’on observe depuis quelques mois. On ne juge pas le scalpel, on juge la main du chirurgien. Monsieur BABOKE maîtrise le Cabinet. Pourquoi ?
L’école gaullienne du Cabinet : la règle Pompidou
D’abord, il convient de rappeler que la Ve République Française est la matrice constitutionnelle de notre système. Monsieur BABOKE en a retenu de belles leçons. Entre autres, celles du Général de Gaulle qui enseignait que : « Un cabinet ne doit jamais faire de politique, il doit rendre la politique du Président possible ». Et, Georges Pompidou, son Directeur de Cabinet, de 1944 à 1959, incarnait bien cela. Il était l’homme qui disait 100 fois « NON » dans la journée pour que de Gaulle puisse dire un seul « OUI » qui entre dans l’Histoire. De même, Pierre Juillet, l’éminence grise de Pompidou Président, ou Alain Boublil, le cerveau économique de Mitterrand, n’ont jamais été élus, jamais aimés par la presse parisienne, mais ils ont été indispensables. Monsieur Oswald BABOKE appartient manifestement à cette lignée des Pompidou, des Juillet et des Boublil : des technocrates qui transforment la volonté présidentielle en actes administratifs et en symboles sans jamais chercher l’aura de lumière du Roi Soleil. Le reprocher à Monsieur BABOKE, c’est reprocher à Pompidou d’avoir été Pompidou.
La doctrine Mitterrand-Chirac. De la plume et du filtre
Ensuite, la doctrine Mitterrand-Chirac a consacré le rôle de la plume comme arme de souveraineté, ressource stratégique sur les plans politique, diplomatique, économique, socio-culturel et sécuritaire, mais aussi expression de l’empreinte du Chef. Au vu du travail de Jacques Attali, Conseiller spécial de Mitterrand pendant 10 ans, l’on pourrait relever que le conseiller est le filtre du Président. Tel était également le rôle de Dominique de Villepin, Secrétaire Général de la Présidence Chirac, qui passait, soulignons-le, 18 heures par jour à filtrer, corriger, anticiper, réécrire les discours pour que la parole de la France reste une parole d’Etat. De même, Claude Guéant sous Sarkozy ou Patrick Strzoda sous Macron ont fait le même travail ingrat. C’est le travail de l’ombre décrit par Max Weber comme « l’éthique de la responsabilité » contre « l’éthique de la conviction » des bavards. C’est exactement le travail exceptionnel de Monsieur Oswald BABOKE à la Présidence de la République du Cameroun, une mécanique de l’ombre, le pavé noir mosaïque, car il n’est pas celui qui décide de la politique de la Nation, il est celui qui veille à ce que l’action présidentielle sur divers sujets soit juridiquement inattaquable, politiquement lisible et administrativement exécutable. Comment ?
La Théorie du Gatekeeper et du Chief of Staff
En outre, la science politique américaine a théorisé ce rôle sous le concept de _Gatekeeper_, le gardien du seuil, sans lequel la Maison-Blanche s’effondre. Le politologue américain H.R. Haldeman, Chief of Staff de Richard Nixon, puis James Baker, le légendaire Chief of Staff de Reagan et de Bush père, ont démontré que le Président américain le plus puissant du monde meurt de « pandémie » informationnelle sans un filtre impitoyable. D’ailleurs, Denis McDonough, Deputy National Security Advisor puis Chief of Staff de Barack Obama, expliquait que son travail est de s’assurer que seules 3 décisions sur 100 arrivent sur le bureau du Président, les 97 autres devant être réglées avant. Rahm Emanuel sous Obama se considérait comme « le pare-brise ». Dès lors, accuser Monsieur Oswald BABOKE comme le font ses adversaires-ennemis, c’est l’accuser de faire son travail avec la rigueur de la Maison-Blanche. Un Palais sans gatekeeper est un marché, pas un Etat.
La doctrine du Servant Leadership et du Ghostwriter
Considérant ce qui a été dit précédemment, il ne serait pas superflu de souligner que les Etats-Unis ont inventé le _Servant Leadership_, le leadership par le service, en effet théorisé par Robert Greenleaf et pratiqué par les plus grands. Substantiellement, le plus grand serviteur n’est pas le plus visible. Sous John F. Kennedy, c’était Theodore Sorensen, l’homme qui écrivait les discours qui ont fait l’Histoire, de l’investiture au discours sur la Lune, sans jamais signer de son nom. Sous Obama, c’était Cody Keenan, le _Director of Speechwriting_. C’est dire que Monsieur Oswald BABOKE est bien plus qu’un Sorensen, en raison de la singularité de sa personnalité, sa compétence, son appétence patriotique, sa solide culture générale, son bilinguisme et sa parfaite connaissance et maîtrise de l’organisation du travail gouvernemental. Un homme Total, antithèse absolue du chauvinisme qui veut briller pour soi, un patriote qui brille pour l’Etat et s’éteint pour soi. Sa marque, devenue aujourd’hui, son identité ?
Le principe de l’anonymat sacré et du Private Secretary
En la matière, la leçon britannique est la plus éclairante et la plus proche de la Présidence de la République du Cameroun. En effet, au Royaume-Uni, le _Principal Private Secretary_ du Premier Ministre et le _Private Secretary_ du Souverain sont tenus par la règle d’or du _never complain, never explain_. Sir Edward Young, Martin Charteris ou Christopher Geidt, qui ont servi la Reine Elizabeth II pendant 15 ans, ou encore Simon Case, Cabinet Secretary de Boris Johnson, ont géré des crises mondiales, des guerres, des Brexit, sans jamais donner une interview. Leur anonymat n’est pas de la faiblesse, c’est une doctrine constitutionnelle non écrite qui dispose que : _le serviteur doit être invisible pour que l’institution reste visible et sacrée_. Monsieur BABOKE en fait de cette pensée, sienne, dans l’exercice du pouvoir. Son silence stoïque face aux attaques n’est pas une incapacité à se défendre, c’est le respect sacré, presque monastique, de la FONCTION. Quelle leçon ?
Le Paralogisme
Par conséquent, si l’on comprend ces grandes écoles gaullienne, américaine et britannique, on comprend l’imposture intellectuelle totale de ses détracteurs. Ils n’en savent rien, puisqu’ils n’y comprennent rien à l’exercice du pouvoir. Ils s’empressent de juger un homme, qui d’un seul regard, est un « Cheval de Troie Divin ». Ils, ceux-là, lui reprochent précisément ce qui fait sa valeur républicaine : _la discrétion, la fidélité, la loyauté, la technicité, la solidarité, la proximité et la distance constitutionnelle_ avec le Président de la République du Cameroun, Son Excellence Paul BIYA. En logique formelle, c’est un paralogisme grossier : on transforme une qualité cardinale en défaut capital. Une inversion accusatoire, pourrait-on dire.
Qui est vraiment Oswald Baboke ? L’homme de dossiers
Cependant, l’analyse factuelle et matérielle de son travail dément toute la mythologie des réseaux. Contrairement aux récits de « son altesse », le travail en Cabinet est un travail de dossiers, non de réseaux. Il s’agit de 14 à 16 heures par jour de lecture de parapheurs, de planification, de préparation des communications présidentielles, de correction de discours au mot près, de préparation des évènements de souveraineté, des audiences présidentielles, tout cela avec fiches techniques et une expertise pointue, en liaison permanente avec le Secrétariat général de la Présidence de la République, tenu par Monsieur Ferdinand NGOH NGOH, et la Direction du Cabinet Civil, tenue par Monsieur Samuel MVONDO AYOLO, pour la BOÎTE NOIRE. Il s’agit donc là, Mesdames, Messieurs, d’un travail d’horloger suisse, pas de parrain sicilien. Arrêtez avec la diffamation, la calomnie, la médisance, la désinformation ! Bande de petits diables, ce dessin animé pour enfants.
Le Test Renan
De surcroît, il est crucial de trancher la distinction finale qui fonde tout. Le chauviniste aime son village contre la République. Il crie fort, il divise, il exige des postes au nom de son ethnie, il insulte les autres tribus sur les réseaux sociaux numériques. Le patriote moderne, défini par Ernest Renan dans _Qu’est-ce qu’une Nation ?_ comme celui qui fait chaque jour le plébiscite de la Nation par son travail, aime la République plus que son village. En ce sens, Monsieur Oswald BABOKE, par sa formation, son parcours, son ouverture à la Diaspora camerounaise, sa proximité avec toutes les Régions sans discrimination ni marginalisation, son refus du tribalisme primaire, incarne ce patriotisme moderne et non chauvin. Il ne défend pas une communauté, il défend l’Etat du Cameroun dans sa totalité indivisible, d’Okola à Limbe, de Kousseri à Kribi, de Batibo à Sangmélima.
Oswald Baboke. La pierre angulaire et le paratonnerre
En définitive, la conclusion est implacable et doit être gravée dans le marbre de la science de l’Etat : Monsieur Oswald BABOKE n’est pas une anomalie, une excroissance ou un problème de l’Etat du Cameroun, il en est la pierre angulaire et le paratonnerre. Sans les hommes comme lui, l’Etat redevient ce que Thomas Hobbes appelait dans _Le Léviathan_ « la guerre de tous contre tous » où chaque politicard se croit Président. Avec des hommes comme lui, l’Etat reste ce que le Général de Gaulle appelait « une certaine idée de la France » et que nous devons appeler « une certaine idée du Cameroun » : un Etat debout, ordonné, silencieux, protégé de la dictature du bruit au sens du Cardinal Robert Sarah, mais aussi de la fureur du monde et des intellectuels faussaires. L’attaquer n’est pas attaquer un homme. C’est attaquer l’idée même, qu’un jeune camerounais compétent, loyal, discret et silencieux puisse servir son pays au plus haut niveau sans être immédiatement sali par les scribes du néocolonialisme.
Maxime MAMA
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