« Nous avons dressé un diagnostic précis. Aujourd’hui, toutes les naissances ne sont pas dûment enregistrées. Le reporting des décès n’est pas correctement effectué. Cela conduit à des absurdités administratives : lors des élections, des personnes décédées se retrouvent encore sur les listes électorales. Quant aux divorces, personne ne trouve d’intérêt à les mettre à jour dans les fichiers », regrette Nicolas Beyeme Nguema, Commissaire de la Cemac, chargé des affaires économiques.
Le guide pratique de mise en œuvre des systèmes d’enregistrement des faits et des statistiques de l’état-civil (ESEC) vise à harmoniser les cadres juridiques, institutionnels et opérationnels, à garantir un enregistrement continu des événements vitaux et à établir un cadre durable pour l’identité juridique.
« Nous nous réunissons dans le cadre communautaire pour une vision partagée afin qu’il y ait une véritable comparabilité des données d’un État à un autre », précise Nicolas Beyeme Nguema.
Les travaux des experts portent sur six axes stratégiques, notamment l’analyse de la chaîne de valeur des données, l’évaluation des procédures d’enregistrement des naissances, des décès et des mariages, et la promotion de la digitalisation et de l’interopérabilité des plateformes.
Pour un représentant du Fonds des Nations Unies pour la population aux assises de Yaoundé, « connaître les causes de ces décès est essentiel pour comprendre la mortalité réelle d’un pays et orienter les politiques de santé publique. »
Le Cameroun qui accueille l’atelier régional partage son expérience de la dynamique de ses réformes en cours, notamment la mise en place d’un fichier national d’état-civil et l’initiative d’interopérabilité entre le système d’état-civil, le système d’information sanitaire et le système central de l’INS (Institut national de la statistique).
« L’état civil n’est pas seulement le fonctionnement de l’identité juridique des citoyens, il est un pilier essentiel pour la production de sa cible vitale indispensable à l’éclairage de nos politiques publiques », rappelle Joseph Tedou, Directeur général de l’INS.
L’objectif de cette rencontre est de hisser les systèmes ESEC de la sous-région à un niveau de fiabilité de 95%, permettant ainsi de remplacer avantageusement les recensements pour certaines productions statistiques.
















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