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Añdjeun : la bibliothèque numérique qui veut “déconstruire l’ignorance des peuples” présentée à Yaoundé 

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Il ya deux semaines on était à 3000 livres. Chaque jour on rajoutera des livres.”, a déclaré Gabriel Fopa, promoteur de la plateforme digitale. Le nom _Añdjeun_, “la source” en langue bulu, dit l’ambition. “La source potable”. Elle est une plateforme de bibliothèque digitale accessible partout dans le monde, et partout au Cameroun en particulier.

Pour son promoteur Gabriel Fopa, la lecture est un acte de libération. “L’être humain est un être d’esprit. Ce qui en nous est capable de se transformer, de se développer à partir d’un certain âge, c’est l’esprit, notre réalité intérieure. Cette transformation n’est possible qu’en côtoyant tous les concepts, les matériaux intellectuels, philosophiques, poétiques que l’humanité a déjà servi. De Nietzsche jusqu’à Cheik Anta Diop… l’Africain est détenu par de nombreux conditionnements (complexe d’infériorité, complexe de croire que l’herbe est toujours verte ailleurs…) par la culture, on défait une chose qu’on appelle l’ignorance”, a-t-il souligné.

Añdjeun mêle ainsi “savoir-être” et “savoir-faire” : grands philosophes francophones et anglophones d’un côté, formations en apiculture, aquaculture, ébénisterie et mécanique automobile de l’autre. L’abonnement quant à lui est de 5 000 F CFA par an. Au programme, rendez-vous mensuel assorti d’une causerie d’auteurs “où nous discuterons de tout sauf de la politique et de la religion, qui sont des sujets qui fâchent”, promet Gabriel Fopa.

L’initiative fait écho chez les intellectuels. Dr François Bingono Bingono écrivain-anthropologue, y voit “un outil de décolonisation” :
La langue est un outil de colonisation. Maintenant qu’on présente l’Afrique comme étant dans une phase de décolonisation, utilisons aussi notre langue pour nous vendre au monde. (…) C’est partant de cette maxime là que j’applaudis cette initiative de Gabriel Fopa qui s’appelle Añdjeun, qui signifie « la source d’eau », « l’eau c’est la vie.”.

Le Pr Paul Abouna, chef du département anthropologie de l’Université de Yaoundé I, insiste sur l’impact social :
En ce qui concerne cette initiative, c’est un regard exemplaire d’originalité. Elle permet de résoudre de nombreux problèmes sociaux, académiques mais également de nombreux problèmes de recherche. Plus ces enfants vont lire, plus ces dérives là seront atténuées. C’est une opportunité importante pour tous les camerounais pour tous les âges.”

Dès 5 ans, les plus jeunes pourront eux aussi s’abreuver à cette source de vie.

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