communication institutionnelle Cameroun site Ministère Tourisme et Loisirs obsolète
Le site du Ministère du Tourisme et des Loisirs, illustration des cellules de communication en panne au Cameroun
A la UneActualitésEntreprise

Communication institutionnelle : au Cameroun, des fonctionnaires payés à ne rien publier

0

La communication institutionnelle au Cameroun est en panne. Elles existent sur le papier, avec un personnel abondant et des sites vitrines flambant neufs. Pourtant, les cellules de communication de nombreuses institutions publiques et entreprises camerounaises affichent un vide sidéral. Une inertie qui interroge, à l’heure de la digitalisation à grande vitesse.

C’est le cas de le dire. Au regard du manque d’intérêt que leurs animateurs semblent y accorder, le constat est désastreux. À quoi bon se donner la peine de construire des sites internet si les contenus sont en déphasage permanent avec l’actualité ?

À quoi servent les services de communication créés dans certaines institutions, entreprises publiques et même privées ? Que fait exactement le personnel chargé de les animer ? La question est d’autant plus pertinente que cette situation, loin d’être nouvelle, ne connaît aucune amélioration. Dans certains cas, aucun effort n’est entrepris.

À contre-exemple, la cellule de communication de la Présidence de la République, où chaque responsable s’active, chacun en ce qui le concerne, pour relayer la bonne information en temps réel. Un modèle qui contraste violemment avec ce qui est observé ailleurs.

Dans de nombreuses administrations, passé la page d’accueil qui affiche l’éditorial du premier responsable, ses missions et sa vision, plus rien. Le vide. N’ouvrez surtout pas les onglets « Actualités » ou « Médias ». Les informations les plus récentes y datent, au mieux, de deux mois. Dans le pire des cas, d’un an.

À quoi s’occupe alors l’abondante ressource humaine affectée à ces services ?

Et lorsque le journaliste, après plusieurs tentatives de recoupement restées vaines, publie une information qui s’avère désuète, la réaction ne se fait pas attendre. Au lieu d’une simple demande de droit de réponse, c’est une saisine précipitée du Conseil National de la Communication (CNC), souvent sans investigation préalable, ou pire, une citation directe servie par huissier. L’objectif : nuire à la réputation du support et de son rédacteur.

Pourtant, cette inertie n’est pas le corollaire d’un manque d’activités. Bien au contraire. Elle relève tout simplement de la paresse, à laquelle s’ajoutent négligence et incompétence. Lorsqu’un simple communiqué d’organisation interne est enfin mis en ligne, sa portée est déjà caduque.

Ces cellules semblent ignorer qu’à l’ère de la globalisation, l’information circule à la vitesse Grand V.

À l’heure où la digitalisation est permanente et quasi-systématique, la communication institutionnelle ne peut plus se contenter d’être une coquille vide car, ne pas suivre le mouvement est préjudiciable. Pour l’institution elle-même, et pour les usagers en quête d’une information officielle fiable.

À lire aussi : Cameroun : les hôtels publics au bord du gouffre

Ndolle City : la tournée de levée de 110 milliards passe par Tokyo

Previous article

Pièces démonétisées : Afriland First Bank rétropédale et corrige sa bourde

Next article

You may also like

Comments

Comments are closed.