Il existerait des revendications exprimées par les habitants d’Apouh. Ceux-ci réclament la rétrocession d’environ 200 hectares de terres. Pour la Socapalm, ce dossier relève avant tout d’une procédure opposant la communauté d’Apouh à l’État du Cameroun dans le cadre de la gestion du domaine foncier national. Aussi serait-il important, voire judicieux de rétablir les contours juridiques du contentieux. Ce d’autant plus que les procédures en cours concernent principalement la clarification des limites foncières et la gestion du patrimoine foncier de l’État, et non un différend direct avec la communauté.
Pour mieux cerner l’affaire, il faut remonter aux années post-indépendance. Ce qu’il conviendra de considérer comme un litige foncier tire sa source dans les anciennes plantations de la Sproa et de la Société des Palmeraies de la Ferme Suisse, intégrées à la Socapalm lors de la fusion-absorption de 2010. À l’heure qu’il est, certains titres fonciers adossés à cette affaire feraient toujours l’objet d’opérations de mise à jour et de sécurisation juridique. C’est dans ce contexte que depuis plus de dix ans, il a été engagé un vaste programme de clarification en collaboration avec le ministère des Domaines, du Cadastre et des Affaires foncières (Mindcaf) afin que personne ne soit flouée. Une mission conjointe Mindcaf-Socapalm était même descendue sur le terrain en septembre 2022. Des experts techniques et représentants des communautés riveraines en plus des administrations publiques ont pris part à ces travaux.
Les clarifications présentées par la Socapalm font d’ailleurs cas de ce qu’à Eséka, il a été proposé la restitution de 8 834,08 hectares non exploités sur une superficie initiale de 13 954 hectares. À Dibombari, ce sont 2 566,93 hectares qui ont également été proposés à la rétrocession au domaine national. Ce qui dénote dans un certain sens, de la bonne foi et de la volonté de la Socapalm, d’œuvrer pour une gestion foncière conforme aux exigences réglementaires. C’est d’ailleurs la même logique qui régit les opérations en cours dans les plantations de Mbongo, Mbambou et Kienké. Il ne saurait donc en être autrement en ce qui concerne le site d’Edéa, objet du contentieux qui créerait autant de confusions dans les esprits. Ainsi, face aux débordements, à la manipulation et davantage à la sensibilité du dossier, l’entreprise invite les uns et les autres à la pondération. Aux médias, il serait crucial de faire preuve de professionnalisme. Lequel devrait se fier aux communications officielles des autorités compétentes en attendant les conclusions des travaux techniques en cours.
















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