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Kribi–Douala par la mer : le projet CAMSHIP de GULFCAM en attente de décollage

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Derrière cette attente se joue le lancement du service CAMSHIP, un projet de cabotage conteneurisé entre Kribi et Douala porté par l’armement national GULFCAM. Héritier de la Cameroon Shipping Lines créée en 1974, GULFCAM a démarré ce service en novembre 2025 avec l’ambition de connecter régulièrement les deux principales places portuaires du pays.

Un service pensé pour fluidifier le trafic côtier

Le principe est simple : des navires dédiés assurent le transport de conteneurs selon un calendrier régulier. L’objectif est d’effectuer plusieurs rotations mensuelles, soit plusieurs centaines voire milliers d’EVP par mois.

Deux segments de clientèle sont visés en priorité. D’une part, les conteneurs dédouanés à Kribi dont la destination finale est Douala, un flux aujourd’hui exclusivement routier. D’autre part, les cargaisons éclatées à Kribi via les lignes maritimes internationales, à destination de Douala et des autres ports du golfe de Guinée. Les industries installées sur le corridor côtier constituent une troisième cible, pour l’expédition de leurs produits par voie maritime, une option jusqu’ici inexistante faute d’opérateur local crédible.

Création d’emplois et recettes pour l’État

Au-delà du transport, le projet porte des retombées directes en matière d’emplois et d’activités logistiques. L’effet d’entraînement sur l’écosystème portuaire et terrestre est jugé significatif par les promoteurs. Une liaison maritime régulière entre Kribi et Douala est aussi présentée comme un atout pour l’attractivité du Cameroun auprès des investisseurs industriels.

Pour l’État, les retombées fiscales sont estimées à la hausse avec les impôts, taxes et prélèvements liés à l’exploitation. Ces contributions doivent revenir au trésor public, aux établissements portuaires et aux collectivités territoriales concernées. L’immobilisation prolongée du navire entraîne donc un manque à gagner non négligeable.

Une complémentarité avec les grandes lignes maritimes

GULFCAM écarte l’idée d’une concurrence avec les grandes lignes internationales présentes au Cameroun. Selon l’armement, le cabotage local répond à un besoin de redistribution entre ports nationaux que les porte-conteneurs de grande capacité ne couvrent pas directement.

Des contacts ont été engagés avec l’ensemble des lignes opérant au Cameroun. Certaines ont déjà manifesté un intérêt de principe, d’autres examinent encore les conditions économiques du partenariat. Les discussions se poursuivent sous l’encadrement du Ministère des Transports.

Le ministre Jean Ernest Massena Ngalle Bibehe a indiqué que la position des autorités s’oriente vers l’établissement de quotas de trafic, en tenant compte des capacités opérationnelles des quatre acteurs actifs au Cameroun, tout en veillant au respect de la législation en vigueur.

Un projet à l’épreuve de la mise en œuvre

Les signaux restent positifs. La Douane a engagé les travaux d’intégration, le Ministère des Transports joue un rôle d’arbitrage et plusieurs industriels majeurs se disent prêts à être parmi les premiers chargeurs du service.

Pour les promoteurs, le Cameroun tient là une occasion de transformer son potentiel maritime en réalité économique mesurable. Reste à lever les derniers blocages pour que le navire quitte la rade et que le service CAMSHIP entre en exploitation.

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