Dans un grand espace marqué par la présence d’acteurs institutionnels venus des deux pays, la cérémonie a rapidement pris des allures de sommet économique sous-régional. L’objectif affiché est clair : fluidifier les échanges commerciaux et réduire les multiples obstacles qui freinent encore la circulation des biens et des personnes entre le Ghana et la Côte d’Ivoire.
Le corridor Noé–Elubo constitue l’un des axes commerciaux les plus stratégiques d’Afrique de l’Ouest. Chaque jour, des centaines de véhicules de transport y transitent avec des marchandises destinées aussi bien aux marchés ivoiriens qu’aux pays de l’hinterland.
Mais malgré son importance économique, les difficultés persistent : lenteurs administratives, coûts informels, contrôles multiples et infrastructures parfois inadaptées. Des contraintes qui impactent directement les activités commerciales et le coût de la vie des populations.
« Une frontière moderne ne doit pas séparer les peuples. Elle doit connecter les économies et ouvrir la voie au développement », a déclaré Sa Majesté Nana Kyeremaa Tua Abrafikoto, reine-mère et présidente fondatrice de la GCCI-CI, sous les applaudissements nourris de l’assistance.
Selon elle, cette initiative s’inscrit pleinement dans la vision de la CEDEAO et de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), qui ambitionnent de faire de l’Afrique un espace économique intégré et compétitif.
Au cours des travaux, plusieurs rapports d’études et analyses de terrain ont été présentés. Les experts ont mis en lumière les difficultés rencontrées quotidiennement par les transporteurs, commerçants et investisseurs sur le corridor frontalier.
Les discussions ont porté sur les études de faisabilité, les réformes prioritaires à engager ainsi que les solutions concrètes susceptibles d’améliorer la fluidité des échanges.
Pour de nombreux opérateurs économiques présents à Aboisso, la modernisation de cette frontière représente un enjeu majeur pour la compétitivité des entreprises locales.
« Chaque heure perdue à la frontière représente une perte économique importante pour les commerçants et les transporteurs », a confié un acteur du secteur logistique ayant participé aux échanges.
Afin d’éviter que les recommandations formulées ne restent lettre morte, les organisateurs ont annoncé la mise en place officielle d’un comité de suivi et de mise en œuvre. Cette structure aura pour mission d’accompagner l’application des réformes proposées et d’assurer un dialogue permanent entre les administrations publiques et les acteurs du secteur privé.
À travers cette mission, la GCCI-CI entend poser les bases d’une nouvelle génération de frontières africaines : plus modernes, plus fluides et davantage tournées vers le développement régional. Dans le Sud-Comoé, beaucoup voient déjà cette initiative comme un signal fort pour l’avenir de l’intégration ouest-africaine.















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