Vingt ans. En 2006, lorsque TRADEX, filiale de la Société Nationale des Hydrocarbures (SNH), allumait les premières pompes à son nom, peu imaginaient qu’elle deviendrait le premier distributeur à capitaux camerounais du pays.
Aujourd’hui, à l’heure où l’entreprise célèbre le 20e anniversaire de ces stations pionnières, du 27 au 31 octobre, l’événement dépasse la simple commémoration. Il interroge un modèle économique.
TRADEX est né en 1999 comme trader. Son passage à la distribution en 2006 était un pari stratégique : capter la marge aval, sécuriser les débouchés de la SNH et offrir une alternative nationale aux majors TotalEnergies, Shell, Oilibya. Pari tenu. Avec plus de 80 stations, le réseau pèse aujourd’hui 15 à 18% de parts de marché selon les estimations du secteur, et génère un chiffre d’affaires qui dépasse 300 milliards de FCFA.
Mais l’anniversaire tombe dans un contexte tendu. Selon les derniers chiffres de la CSPH que nous révélions, le coût de revient du gasoil importé a atteint 974,93 FCFA/litre en octobre (+49% en trois mois). L’État compense 430,30 FCFA par litre pour maintenir le prix à 828 FCFA à la pompe. Pour un distributeur comme TRADEX, qui achète au même prix que ses concurrents auprès de la SCDP, l’équation est identique : la rentabilité ne tient qu’au soutien public.
C’est tout le paradoxe du modèle. D’un côté, TRADEX a réussi sa diversification : boutiques, lubrifiants, gaz Tradex Gas, services à valeur ajoutée. De l’autre, sa dépendance à la subvention pétrolière reste totale, comme l’ensemble du secteur. Sans les 3 388 milliards FCFA de subventions annoncées par le gouvernement pour la période 2022-2026, aucune station ne serait rentable au prix actuel.
La célébration de ces 20 ans est donc aussi un message politique. En rendant hommage aux « équipes qui les font vivre au quotidien« , TRADEX rappelle qu’elle est un employeur majeur, ancré localement, avec des retombées directes sur l’emploi jeune.
Reste la question de l’avenir. Avec la transition énergétique qui s’amorce et la concurrence des nouveaux entrants low-cost, les 20 prochaines années exigeront plus que de la proximité. Elles exigeront une mutation vers l’électrique, le GNV et les services.
Pour l’heure, TRADEX savoure son ancrage : 20 ans à vos côtés.
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