La Société Camerounaise des Palmeraies (Socapalm) a tenu son Assemblée Générale Ordinaire (AGO) le 29 mai 2026 à Douala en présence de Frédéric Augé, son directeur général, d’Abdoulaye Hayatou, représentant de l’État, et de la quasi-totalité des actionnaires de cette société. Comme on peut se l’imaginer, toutes les articulations inhérentes à une telle rencontre ont été respectées. La présentation du bilan financier pour l’année 2025 a été l’un des points les plus attendus. Aussi a-t-on été rassurant au sujet des capacités de production de l’entreprise. Et pour preuve, la société a réalisé un bénéfice de 10,6 milliards de FCFA, quand bien même un bémol a été constaté au sujet de la vente du site d’Éséka au groupe Opalm. Ce qui semblait poser le double problème de rentabilité et de conservation de la souveraineté industrielle de l’entreprise et, partant, du pays : « En 2009, Socapalm comptait 6 plantations. Aujourd’hui, Édéa tourne au ralenti et Éséka quitte le portefeuille. Il ne reste que 4 sites. On parle d’ouverture du marché, mais on réduit notre base productive. Pour viser 200 000 tonnes d’huile, il faut des hectares, pas moins d’usines. Socapalm doit ambitionner 60 à 70 % du marché national. Pourquoi céder nos meilleurs atouts ? » s’est interrogé Jean Marie Mbiada, économiste et actionnaire depuis 2009.
Pour autant, 335 000 tonnes de régimes ont été récoltées. Ce qui indique une hausse de 7,4 % sur un an, grâce à l’entrée en production de 1 200 hectares replantés entre 2020 et 2022. 73 030 tonnes d’huile brute et 16 750 tonnes de palmistes ont été produites. Ce qui renvoie à une progression du chiffre d’affaires de 3 %, ce qui justifie la satisfaction manifestée par Abdoulaye Hayatou, représentant de l’État et président de séance : « Nous sortons d’une assemblée exigeante mais sereine. 2025 a testé notre capacité d’adaptation face au climat et aux marchés. Le bénéfice de 10,6 milliards prouve que les choix opérationnels étaient justes. Les actionnaires ont compris les défis du foncier et des ressources humaines. Nous avons pris le temps d’expliquer avant de voter. » Et de s’en féliciter : « C’est cela, la transparence. » Plus loin, il ajoute : « Nous avons cédé Éséka pour deux raisons. D’abord, mutualiser les investissements pour améliorer le rendement des 5 autres usines. Ensuite, confier ce site à un opérateur capable de le développer. Le Cameroun importe encore 135 000 à 150 000 tonnes d’huile par an. Socapalm seule ne peut combler ce déficit. Cette cession s’inscrit dans la politique de substitution aux importations : multiplier les producteurs locaux et sécuriser l’approvisionnement des ménages. »
Pour le reste, 4,3 milliards de FCFA ont été investis pour la modernisation de l’outil industriel et l’entretien des unités d’extraction. Avec un peu plus de 4 000 salariés permanents et plus de 8 000 saisonniers en haute saison, la Socapalm reste un grand pourvoyeur d’emplois dans l’agro-industrie du pays.
















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