Le débat sur l’après Biya vient de prendre une nouvelle tournure. Dans une tribune intitulée « L’impératif d’une transition constitutionnelle au Cameroun », un collectif d’universitaires, juristes, artistes, responsables religieux et personnalités de la diaspora demande la mise en place des conditions d’une gestion de la succession présidentielle par une période de transition.
Le texte, qui circule depuis ce 6 octobre, s’adresse directement aux institutions compétentes de la République ainsi qu’à l’opinion publique nationale et internationale.
« Le pays, dans les faits, n’est plus gouverné »
Le préambule est direct. Les signataires affirment que leur démarche ne procède d’aucune hostilité personnelle, mais d’un constat : « le pays, dans les faits, n’est plus gouverné« .
Ils appellent l’ensemble des acteurs concernés, institutionnels, politiques et civils, religieux et traditionnels, ainsi que tout citoyen attaché à l’avenir démocratique du pays, à se rallier aux principes détaillés dans la tribune.
Leur objectif : formuler en amont le cadre en deçà duquel aucune succession ne saurait revendiquer la légitimité. « Formuler ces principes en amont, avant que les circonstances n’imposent leur propre urgence, est précisément ce qui distingue un peuple et une nation qui se préparent de ceux qui subissent« , écrivent-ils.
Le collectif insiste sur l’idée d’une transition fiable, encadrée constitutionnellement, pour éviter une vacance de pouvoir chaotique.
Onze signatures prestigieuses
La tribune est portée par onze personnalités connues de la vie civique camerounaise :
Marie-Roger Biloa, journaliste et productrice TV
Achille Mbembe, historien et politiste
Akere Muna, avocat international
Jean-Pierre Bekolo, cinéaste
Georges Dougueli, journaliste
Mimi Mefo, journaliste
Eric Chinje, expert en développement
Haman Mana, journaliste et écrivain
Michele Sonia Ndoki, avocate
Eugène Nyambal, économiste et financier
Gilbert Oloko, consultant international
Des profils qui mêlent médias, droit, cinéma et économie, avec une forte audience à l’international.
Le texte ne détaille pas encore les mécanismes concrets de cette transition, mais il pose le socle politique. Les signataires disent vouloir rappeler le cadre minimal pour toute succession légitime.
Reste à savoir quelle sera la réaction de Yaoundé et si d’autres acteurs politiques internes rejoindront cet appel.
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