Le CNC Vs le Mincom. Dans une correspondance explosive datée du 6 octobre 2026 et dont La Plume de l’Aigle a obtenu copie, le président du CNC, Joseph Chebongkeng Kalabubsu, somme à nouveau le directeur des affaires publiques Afrique francophone de Canal+ International à Paris de retirer immédiatement le signal de Vision 4 de son bouquet.
« Vous avez réactivé malgré notre décision »
Le CNC accuse Canal+ d’avoir réactivé le signal de Vision 4, « contredisant de ce fait la recommandation qui vous avait été formulée quelques jours avant, en application d’une décision formelle du CNC à l’encontre de ce média« .
Cette première injonction faisait suite à la lettre du 1er octobre 2026.
Or, entre temps, Canal+ avait remis la chaîne du groupe L’Anecdote. Pourquoi ? Selon le CNC lui-même, sur instruction du Ministère de la Communication (Mincom).
« Le Mincom n’est pas notre tutelle »
C’est le cœur de la lettre. Le président du CNC sort l’artillerie lourde : « Je me plais à vous faire connaître qu’au même titre que l’ARCOM de France, le CNC est une autorité administrative indépendante de régulation des médias, qui n’est nullement placée sous la tutelle du Ministère de la Communication. »
En clair, René Emmanuel Sadi n’a pas à donner d’instructions à Canal+ à la place du CNC. C’est une déclaration d’indépendance frontale. Le CNC rappelle qu’il est l’unique régulateur, comme l’ARCOM en France.
Menace de sanctions
Le ton est ferme. « Je vous demande à nouveau, sans délai, de retirer le signal de Vision 4 de votre bouquet de programmes, faute de quoi le Conseil se verra obligé de prendre acte de votre défiance, en se réservant le droit d’actionner les mesures réglementaires relevant de sa compétence. »
En clair, Canal+ International risque des sanctions au Cameroun s’il maintient Vision 4.
Cette guerre expose au grand jour une faille institutionnelle majeure. Qui régule vraiment les médias au Cameroun ? Le ministère ou l’autorité indépendante ?
Pendant ce temps, Vision 4, chaîne très proche du pouvoir, reste au centre d’un jeu de pouvoir qui dépasse largement son cas. L’affaire s’annonce comme le premier test grandeur nature de l’indépendance réelle du CNC version Chebongkeng.
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