Madame Chantal BIYA n’est pas uniquement la chaleureuse épouse du Président Paul BIYA, elle est également la Première Dame du Cameroun. Même si cette institution républicaine moderne n’a pas encore été consacrée dans la Constitution du 18 janvier 1996, il n’en demeure pas moins qu’elle occupe une place importante au cœur des institutions et des démocraties modernes, notamment à la lumière des prismes théoriques de Mary Douglas et de Marcel Gauchet, respectivement dans _Comment pensent les institutions ?_ et _Comment pensent les démocraties ?_.
Le caractère liminaire de la Première Dame
Dans son ouvrage _De la souillure (Purity and Danger)_, l’anthropologue britannique Mary Douglas explore la manière avec laquelle les sociétés parviennent à créer de l’ordre entre « pureté » institutionnelle, « l’impureté » sociale, le dedans et le dehors, l’intérieur et l’extérieur, l’endogène et l’exogène. En ce sens, il se dégage le caractère liminaire de la Première Dame, Madame Chantal BIYA, en raison de ce qu’elle n’est pas élue, mais elle est au sommet de l’État pour accomplir en tant qu’Épouse, ou si vous le voulez, personne privée, des fonctions publiques.
Au sens de Douglas, il faudrait observer que Madame Chantal BIYA exerce un pouvoir de contrôle des « souillures », des « bavures » et des « ordures » de la politique, ici perçue comme un espace de batailles et de conflictualités, de négociations, de compromis et de corruption. À ce titre, elle intervient dans l’espace public pour apporter des solutions et des réponses aux problèmes complexes d’ordre éducatif, socio-culturel et sanitaire. Sa méthode, promouvoir dans ses actions et ses œuvres caritatives, la morale et les valeurs de dignité humaine et de droits humains dans le désintéressement.
C’est pourquoi, la Première Dame du Cameroun est perçue comme gardienne de l’ordre domestique des « foyers » d’État, de l’État et de l’antichambre de l’État. En effet, Mary Douglas considère le foyer comme le « lieu » de la rencontre entre _l’acteur et le système_. La Première Dame, Madame Chantal BIYA, en gérant les déjeuners d’État, les dîners d’État, les réceptions officielles, les évènements culturels, y compris l’image du couple présidentiel, elle transpose la cellule et la structure familiale à l’échelle de la Nation pour y mettre le tampon officiel de la dimension genre sur le plan démocratique.
La Première Dame, entre la démocratie et le pouvoir
À la lecture des travaux de Marcel Gauchet dans sa théorie sur le _désenchantement du monde et la sortie de la religion_, la démocratie conserve une « dette de sens » et d’essence. En effet, dans l’Ancien Régime d’un point de vue historique, l’on pourrait observer que la Reine était le corps mystique du Roi dans ses mimiques, ses sourires, ses gestes et ses actes. D’ailleurs, Gauchet souligne que la démocratie moderne souffre d’une insuffisance d’incarnation du pouvoir, pas d’autorité. Consciente de cela, la Première Dame, Madame Chantal BIYA, contribue en permanence de manière sécularisée à offrir au peuple camerounais une image anthropologique du pouvoir dans la continuité des Actes du Chef de l’État, Paul BIYA. C’est le lieu de relever qu’il s’agit de la corrélation entre le public et le privé, insiste Gauchet sur la nécessité de comprendre la tension moderne entre la sphère privée et la sphère publique. Paul et Chantal BIYA articulent bien cela à la perfection sans risque, ni peur ni crainte. De l’humanisation de l’institution présidentielle ?
L’humanisation de l’institution présidentielle
La Première Dame, Madame Chantal BIYA, humanise l’institution présidentielle. Elle montre avec une aisance satisfaisante à l’opinion nationale et internationale que le Chef de l’État, malgré sa fonction verticale et désincarnée, reste un homme inscrit dans la normalité d’une vie de couple et de famille. L’exigence de la « représentation », ici comme ailleurs, s’observe dans la légitimation d’une société démocratique dans laquelle elle se constitue en miroir des valeurs d’une époque particulièrement difficile pour toutes les familles en matière d’éducation de la femme et de la jeune fille et, par ricochet, de la jeunesse camerounaise confrontée à toutes sortes d’effets de ruissellement de la mondialisation. Pour cette raison, elle incarne la Nation dans sa dimension non conflictuelle, là où le Président incarne l’État dans sa dimension d’autorité.
D’après la science politique américaine, la Première Dame est une institution classée dans le _White House Office_. À cet égard, Madame Chantal BIYA a, depuis 1994, imposé cette lecture institutionnelle au Cameroun en exprimant l’idée de la continuité sociale de l’État. Lorsque le Président Paul BIYA incarne la Souveraineté et la Loi, la Première Dame incarne la Solidarité, la Dignité et la Vie. C’est ce hiatus systématique, systémique et pragmatique entre la Loi fondamentale et le Cœur humain qui a donné à l’État du Cameroun des décennies de Paix et de Stabilité, en dépit des situations spontanées d’inquiétude sur les plans national, sous-régional, régional et international. Qu’est-ce qui explique cette humanisation de l’institution présidentielle ?
Chantal BIYA. L’arme sociale absolue
Tout commence avec la Fondation Chantal BIYA, un hôpital, un centre de recherche, un laboratoire, créée en 1994, puis le Centre Hospitalier de Recherche et d’Application en Chirurgie Endoscopique et Reproduction Humaine (CHRACERH), ensuite le Centre Mère et Enfant. Etc. Quelle projection ! Madame Chantal BIYA a déplacé la lutte contre le SIDA pédiatrique du discours à la trithérapie gratuite pour les enfants nés séropositifs. En 2023, plus de 5 000 enfants y sont pour ce faire suivis. Elle mesure en vies sauvées, pas en likes ou abonnés sur ses comptes sociaux numériques. Une influenceuse positive. Est-ce tout ? Certainement pas.
Chantal BIYA. Pour la santé maternelle et le combat contre la fistule obstétricale
Dans ses actions en faveur de la santé maternelle, le combat vital de Madame Chantal BIYA est celui de la fistule obstétricale. Scientifiquement, la fistule est la maladie de la pauvreté extrême, décrite par l’OMS comme une rupture entre _ »vessie et vagin »_ après un accouchement sans césarienne. Elle touche pratiquement 2 millions de femmes en Afrique. Un chiffre alarmant pour Madame Chantal BIYA, qui en _Good Doctor, Good Nurse_ a été pionnière en Afrique centrale à financer des campagnes de chirurgie réparatrice gratuite à Yaoundé, à Maroua et à Bertoua. Autres actions ? We say, yes !
Chantal BIYA dans la lutte contre le cancer du col de l’utérus
En plus de ce qui a été dit précédemment, Madame Chantal BIYA s’est particulièrement illustrée dans la lutte contre les cancers féminins. Entre autres, le cancer du col de l’utérus, qui selon l’OMS, tue 340 000 femmes par an en Afrique faute de dépistage. Grâce à ses Conseillers spéciaux et son système d’alerte précoce en la matière, la Première Dame a trouvé la nécessité de mettre tous les moyens nécessaires pour la campagne _ »Octobre Rose »_ au Cameroun. Elle a financé l’achat de colposcopes, de mammographes, d’unités mobiles de dépistage qui vont dans les marchés de Mokolo, de Bafoussam et de Garoua. Elle a compris la théorie du _nudge_ de Richard Thaler, Prix Nobel : il faut aller chercher la femme là où elle est, ne pas attendre qu’elle vienne à l’hôpital. C’est de la santé publique de terrain, pas de la santé de conférence.
Chantal BIYA. Un investissement pour le capital humain
À la faveur de la jeune fille, la Première Dame du Cameroun, Madame Chantal BIYA, a su mettre en pratique la théorie la plus puissante de l’économie moderne : la _théorie du capital humain_ de Gary Becker, Prix Nobel 1992. En effet, Becker prouve mathématiquement qu’un dollar investi dans l’éducation d’une jeune fille rapporte 10 dollars de PIB en 20 ans, car elle saura éduquer à son tour des enfants par un effet domino. C’est ce qui justifie le fait qu’elle sache se servir de son portefeuille pour financer les Centres d’éducation et de formation de la femme, tout en parrainant des bourses d’excellence pour les jeunes filles, sans oublier la sensibilisation contre le mariage précoce dans l’Extrême-Nord où 60% des filles sont mariées avant 15 ans selon l’UNICEF. À ceux-là, qui ne comprennent pas encore son rôle, il faudrait intégrer que la Première Dame du Cameroun, Madame Chantal BIYA, ne fait pas de la charité, elle fait de l’investissement structurel et durable pour la Nation.
Chantal BIYA. Pour une société juste en faveur des couches vulnérables
Pour les couches défavorisées, elle est l’incarnation de la théorie de la justice de John Rawls. Rawls souligne qu’une société juste se juge à la manière dont elle traite ses plus faibles. Qui au Cameroun s’occupe des orphelins du SIDA, des enfants sans domicile fixe, des pygmées Baka marginalisés, des personnes du troisième âge sans famille d’accueil, des handicapés moteurs ? Madame Chantal BIYA. Elle contribue à soigner l’image des politiques publiques dans ce secteur névralgique pour la société camerounaise. Un modèle social démocratique non par la marginalisation, mais par la reconnaissance.
Chantal BIYA et la fabrique des ambassadrices de la beauté
Son soutien au concours Miss Cameroun est l’acte le plus incompris et le plus intelligent. Les pseudo-féministes des réseaux sociaux numériques y voient de l’objectivation. C’est une lecture de 1970. En 2026, Miss Cameroun est ce que les experts en _Nation Branding_ de Simon Anholt appellent un outil de _Cultural Diplomacy_. Une Miss Cameroun, ce n’est pas une jolie fille qui défile, mais une jeune femme qui inspire, ose et s’investit par un projet entrepreneurial, qui va à Miss Monde devant 2 milliards de téléspectateurs avec une tenue qui fait rayonner la culture camerounaise. Sans le Très Haut Parrainage de Madame Chantal BIYA, Miss Cameroun serait encore un fœtus comme dans 15 pays africains. Avec elle, c’est une école sur l’autonomisation économique de la femme, le leadership au féminin, la lutte contre les violences basées sur le genre et l’égalité des chances. Elle fabrique des ambassadrices pour la postérité.
Chantal BIYA. Un modèle africain, une Doyenne de référence continentale
Madame Chantal BIYA est la doyenne des Premières Dames d’Afrique centrale, soit 30 ans de règne social. Au Rwanda, Jeannette Kagame avec Imbuto Foundation fait la même chose pour les adolescentes mères. Au Ghana, Rebecca Akufo-Addo avec l’infirmerie contre le paludisme. Au Botswana, Neo Masisi. Mais toutes citent Madame Chantal BIYA comme modèle. Pourquoi ? Parce qu’elle a réussi la synthèse impossible : être glamour à Paris et être maternelle à Kolofata. Elle a montré de fort belle manière que la Première Dame, institution républicaine moderne, n’est pas condamnée à être une décoration ou à l’intendance. Raison pour laquelle elle a su affirmer sa stature partout comme une Lionne Indomptable.
Chantal BIYA. La synthèse des épouses européennes
En Europe, le modèle est celui de la discrétion engagée. Brigitte Macron en France : engagement contre le harcèlement scolaire et le handicap, mais sans fondation personnelle. Elke Büdenbender en Allemagne, épouse du Président Steinmeier, juge et discrète. La Reine Letizia d’Espagne, journaliste, engagée pour la nutrition infantile. Madame Chantal BIYA en a donc fait la synthèse : elle a l’élégance occidentale et le réseau international nécessaire pour appuyer les actions diplomatiques de Son Époux, le Président Paul BIYA dans l’espace public international, elle porte les plus grands créateurs, elle est reçue par les Reines et elle a le pragmatisme opérationnel à l’américaine. Elle n’est pas dans les salons pour parler ou pour regarder les Novelas, elle est sur le terrain pour une action sociale utile.
Chantal BIYA. Mom-In-Chief
Aux USA, la référence absolue est Michelle Obama avec _Let Girls Learn_ et _Girls Opportunity Alliance_, et Jill Biden, Docteure en éducation qui continue d’enseigner. Michelle Obama a théorisé le concept de _Mom-in-Chief_. Madame Chantal BIYA est _Mom-in-Chief depuis 1994_ bien avant Michelle Obama. Elle a scolarisé, soigné, nourri des milliers de filles avant que le terme n’existe. Eleanor Roosevelt, la plus grande Première Dame américaine, disait : _ »Une femme est comme un sachet de thé, on ne connait sa force que quand elle est dans l’eau chaude »_. Madame Chantal BIYA est dans l’eau chaude camerounaise depuis 30 ans, en mode « ton pied-mon pied » avec le Président Paul BIYA, afin de vivre, ensemble, les bons et les mauvais temps comme tout couple.
Chantal BIYA. L’image de marque du Cameroun
En définitive, son rôle pour l’image de marque du Cameroun est colossal. Le Cameroun est vu dans le monde à travers deux visages : le Président Paul BIYA, garant de la paix et de la stabilité, malgré les secousses et les turbulences du Golfe de Guinée, et Madame Chantal BIYA, garante de la douceur et de l’humanité camerounaises. Quand elle reçoit au Palais de l’Unité les épouses des membres du Gouvernement et assimilés, d’ambassadeurs, les Premières Dames, les Femmes du CERAC, ainsi que les invités de marque, elle rend le Cameroun fier, séduisant, attractif, désirable, élégant et respecté. Elle fait du _soft power_ pur. Une femme au grand cœur, Madame Chantal BIYA.
Maxime MAMA
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