Le 4 mai 2026, l’État camerounais annonçait la nationalisation du secteur de l’électricité et confiait la distribution à Socadel. Le 5 mai, le ministre Gaston Eloundou Essomba installait le top management et exigeait « des résultats visibles et mesurables ». Aujourd’hui, les usagers disent voir l’inverse. Dans un reportage publié ce mardi 19 mai, notre confrère La Voix du Koat revient sur le calvaire de certains abonnés de la capitale camerounaise.
« On a changé de nom mais pas de problème. Avec Socadel c’est pire », lâche Madeleine, résidente d’Etoug-Ebe à Yaoundé dans les colonnes du journal. Elle décrit des coupures quotidiennes de neuf à dix heures, sans préavis. Même son de cloche chez Adeline, syndicaliste : « Dimanche dernier, pas d’électricité toute la journée. Nos appareils grillent et personne ne répond. »
Le silence de la direction est le point qui revient le plus. Aucun communiqué, aucun calendrier de délestage, aucune excuse publique. Pour les abonnés, ce mutisme est incompréhensible alors que la situation affecte hôpitaux, églises et commerces.
À l’Hôpital Baptist Church d’Etoug-Ebe, le groupe électrogène a cédé après plusieurs jours de fonctionnement non-stop. L’établissement est resté plus de huit heures sans électricité. « Qui porte la responsabilité si un patient meurt pendant une césarienne ou si un bébé en couveuse décède ? Le top management de Socadel doit répondre », s’indigne un agent.
Les paroisses ne sont pas épargnées. À Biyem-Assi, la messe et les rencontres bibliques se font au groupe électrogène depuis l’arrivée de Socadel. « C’est une charge financière que l’église ne peut pas supporter longtemps », explique Micheline interrogée par LVDK.
Pendant que les coupures s’enchaînent, la direction reste invisible. Aucune sortie médiatique, aucun point de presse, aucun responsable pour expliquer l’origine des pannes et le plan de redressement. Pour les usagers, cette attitude traduit un mépris pour le consommateur.
Et la facture, elle, continue de tomber. À la fin du mois, les ménages devront payer pour un service qu’ils n’ont pas reçu. « On nous demande de payer pour le noir. C’est inacceptable. Le top management de Socadel doit s’expliquer devant les Camerounais », estime un commerçant de Mvog-Mbi.
Même les visiteurs étrangers s’en étonnent. « Je ne pensais pas voir plus de coupures ici qu’à Bamako. Si c’est ça la nationalisation, c’est raté », commente Moustapha, de passage à Yaoundé.
La responsabilité est désormais clairement posée. Les Camerounais attendent du top management de Socadel des explications publiques, un calendrier clair et des mesures immédiates pour rétablir un service minimum. Sans cela, la promesse de « résultats visibles et mesurables » restera lettre morte.
















Comments