A la UneSociété

De Mpox à la Covid-19 : le Cameroun veut mieux surveiller la faune pour éviter la prochaine crise sanitaire

0

Le timing n’est pas anodin. Après Mpox, Covid-19, fièvres hémorragiques virales et grippe aviaire, le Cameroun veut combler les failles de surveillance dans un bassin du Congo qui reste l’un des principaux réservoirs mondiaux de biodiversité. Déforestation, braconnage, urbanisation et commerce illégal d’espèces sauvages accroissent le risque de transmission de pathogènes entre la faune et l’homme.

Surveiller pour anticiper

L’atelier vise à dresser l’état des lieux des capacités existantes, partager des données et bonnes pratiques, analyser les défis et identifier les actions prioritaires. Dans la logique One Health, il s’agit de casser les cloisonnements entre santé humaine, animale et environnement.
Henri R. Zambou, consultant en Santé publique One Health, résume l’urgence :
La faune sauvage fait partie de la biodiversité qui participe de l’équilibre de l’écosystème. Le Cameroun c’est l’Afrique en miniature… Il était important, comme la faune sauvage à la fois participe de cet équilibre et sert également de nourriture à certaines communautés de base, que nous puissions nous pencher sur la faune sauvage… L’action de l’homme à travers la déforestation… fait en sorte que les risques augmentent… Il est temps pour une Afrique en miniature qu’est le Cameroun de commencer à mettre en place les jalons pour intercepter les risques au niveau animal, au niveau de la fauve sauvage avant de devenir une menace pour l’homme… le Cameroun est dans la logique de surveiller pour anticiper sur les risques.

Recherche et défis opérationnels

Le Cirad coordonne le projet sur le terrain, notamment dans les zones de Garoua et Campo. Pour le Dr Patrick Jagoret, Directeur général du Cirad pour l’Afrique centrale :
On est dans un domaine inconnu où très peu connu et donc il nous faut aller de l’avant pour mettre au point de nouvelles techniques de prélèvement d’échantillons, de nouvelles techniques pour assurer la surveillance de cette faune sauvage qui est extrêmement variée, extrêmement complexe… afin de renforcer le cursus des vétérinaires, également des agents de la gestion de la faune.

Des lacunes à combler

Au niveau national, le constat reste sévère. Selon Sali Ballo, Coordonnateur du programme Zoonose :
Au Cameroun, la surveillance sanitaire de la faune sauvage reste fragmentée, peu documentée et confrontée à des défis majeurs. Il s’agit notamment de l’harmonisation de la collecte et du partage des données, de la capture et de la manipulation non contrôlé d’espèces sauvages et des produits, des infractions limités pour le conditionnement et la conservation des échantillons ainsi que l’absence d’un cadre réglementaire harmonisé… Fort de celà, des initiatives innovantes émergent ça et là au sein de nos ministères, de nos laboratoires et chez nos partenaires… Cet atelier est donc une opportunité unique peut être historique pour consolider les bases d’un système intégré durable, opérationnel de surveillance de la faune sauvage.

L’atelier de Mbankomo doit ainsi poser les bases d’un dispositif national plus coordonné, pour mieux prévenir la prochaine menace zoonotique avant qu’elle n’atteigne l’homme.

Les 61 pays où LPA Webradio est captée par ordre d’écoutes

Previous article

Washington : l’Ambassade du Cameroun aux USA lance l’actualisation du fichier des associations culturelles

Next article

You may also like

Comments

Leave a reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *