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Inondations à Douala : un phénomène qui engage la responsabilité de tous

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À la suite des fortes pluies qui ont arrosé la région du Littoral en général et le département du Wouri, circonscrit à la ville de Douala, en particulier, dans la nuit du 10 au 11 septembre 2026, de nombreuses familles se sont réveillées les pieds dans l’eau dans plusieurs secteurs de la capitale économique, notamment à Bonamoussadi, Sable, Denver et Makèpè-Missokè, dans l’arrondissement de Douala 5e.

Selon les précisions rendues publiques par le dispositif d’alerte précoce de la Communauté urbaine de Douala (CUD), il a été « enregistré un dépassement du seuil haut sur la Ngonguè (2,803 m) ainsi qu’à l’exutoire de Tongo’a Bassa (3,107 m), où l’alarme s’est déclenchée à 2h31 ». Ce même dispositif indique que « cette montée des eaux est intervenue alors que les fortes pluies coïncidaient avec une marée haute de 2,25 m à 4h59, limitant temporairement l’évacuation des eaux pluviales vers le fleuve durant les heures les plus critiques ». Conséquemment, les autorités communautaires et municipales, autant que les autorités administratives, ont appelé à la vigilance dans les zones exposées.

Des responsabilités engagées

Face à cette situation, l’appel à la vigilance lancé par les autorités est tout à fait normal. Elles ont la responsabilité de veiller à la sécurité des personnes et de leurs biens. Mais au-delà de cet appel, nos autorités ne devraient pas se comporter comme celles qui, tout en créant des lois, sont les premières à ne pas les appliquer.

La loi n°2004/003 du 21 avril 2004 régissant l’urbanisme au Cameroun est pourtant claire. En son article 18, elle dispose que « les maires assurent la diffusion et l’application des dispositions prévues aux règles générales d’urbanisme et de construction, en recourant à tous les moyens nécessaires et en impliquant, notamment, les services locaux de l’urbanisme ou ceux chargés des questions urbaines, selon le cas, ainsi que les associations de quartiers ».

Comment expliquer alors que les responsables des Collectivités territoriales décentralisées soient eux-mêmes acteurs et complices de l’occupation anarchique des espaces urbains ? Quels intérêts ont-ils à jouer les bons offices ? Les questionnements relevant de faits vécus pourraient se multiplier à l’infini. La bonne excuse sera la tolérance administrative, quand il ne s’agit pas d’actes de corruption.

Et les populations dans tout ça ?

Quand vient le moment pour l’administration de faire respecter la loi, on crie au loup, à l’injustice, au manque de prise en compte des conditions de vie des citoyens. Pourtant, nul n’est censé ignorer la loi. Cette loi qui interdit de s’installer dans les zones à risques. Les esquisses de plans d’urbanisation sont foulées aux pieds. On construit sur les drains, dans les marécages non aménagés.

Bref, les populations urbaines sont devenues maîtresses de l’incivisme et du désordre urbain. Mais quand survient une catastrophe, on entend : « Il faut que le gouvernement nous vienne en aide » ; « C’est la faute du gouvernement qui n’a pas prévu ceci ou cela ».

Chaque année, dans la région du Littoral, c’est la même rengaine dès que s’installe la saison des pluies. Le même cortège de problèmes. Et l’année d’après, on est prêt à recommencer. Il faut bien que cela change !

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