Monsieur le président, deux jours pour changer le Cameroun. On a écouté votre discours d’ouverture de ce 3ème congrès du Nouveau Mouvement Populaire. En deux jours, qu’est-ce qui va se passer au Cameroun ?
Comme nous l’avons intitulé, le thème est clair : pour une action exceptionnelle, invoquer Dieu en faveur du Cameroun. C’est la base d’une démarche de foi. Nous sommes venus travailler intensément durant ces deux jours pour lever une puissance. Et cette puissance-là va agir à l’intérieur de notre pays pour précipiter l’ensemble des changements. Nous avons eu à le faire dans le passé. C’est notre stratégie, c’est notre démarche. Nous appelons ça la _« géospiritualité », que tu connais si bien. Donc, c’est la même démarche. Nous sommes dans des dynamiques de travail qui ne se basent pas sur la force, sur la levée des foules, des bagarres. Nous sommes dans les armes de l’esprit au service d’une démarche politique. Donc, il y a des ateliers. On vient de finir un atelier. C’est pour construire un tableau historique qui part de 1960 jusqu’en 2026. C’est un tableau vivant pour faire un panorama de l’histoire du pays. Mais ce n’est pas pour se complaire dans le passéisme, non. C’est pour inventer l’avenir. Inventer l’avenir, le lendemain opérationnel, le lendemain réel. Nous sommes dans le changement.
Président Banda Kani, pendant ces deux jours, comment allez-vous projeter le Cameroun juste après ce 3ème congrès ?
Débloquer les situations de blocage. Le pays tourne en rond là, et beaucoup n’arrivent pas à l’interpréter. Les gens se plaignent : il faut remanier. Les gens exigent du président la nomination d’un vice-président. Il faut qu’on soit un peu sérieux. Le Cameroun a dépassé un certain niveau. Le Cameroun n’est plus au niveau du remaniement ministériel. Remanier pour remanier, ça ne sert à rien. Ce n’est pas un événement, ça. Le Cameroun a atteint un niveau de maturité historique qui demande d’aller au-delà d’un remaniement. Il faut changer de cap. Le président l’a compris. Le président l’a dit. Il l’a annoncé. Les forces réactionnaires, les forces qui profitent de l’ancien statu quo, ne veulent pas de ça. Et on les voit s’agiter. Mais il faut accompagner le président dans tout ça. Il faut expliquer, partager à l’ensemble du pays la dynamique profonde et institutionnelle qui doit déboucher sur les changements et éviter que le pays s’engage dans des aventures. C’est ça l’enjeu. Et nous, on a imprimé l’allure comme d’habitude pour porter ça, expliquer, assumer, accompagner le président Patriarche.
Président, vous dites dans votre discours que vous n’êtes pas pour que ceux qui ont fait 40 ans avec le chef de l’État soient totalement écartés, mais pour définir un autre Cameroun. Concrètement, qu’est-ce que ça veut dire ?
Nous, on n’a pas de problème avec les individus. Ce n’est pas une affaire d’individus, c’est une affaire de système. Le système, à un moment donné, quand un système ne marche plus, il faut le changer. Ce n’est pas une affaire d’individus. Ils ont travaillé pour le pays. Ils ont accumulé de l’expérience. Ça doit servir. Mais simplement, ce n’est pas dans les mêmes conditions qu’hier. Ça ne marche plus. Donc c’est tout. C’est ça la démarche. On ne s’en prend pas aux individus. Maintenant, s’il y en a qui ne veulent pas comprendre, qui veulent s’accrocher sur leurs intérêts, tant pis.
Propos recueillis par Didier Ndengue
















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