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« Notre rôle n’est pas et ne sera jamais d’applaudir », une déclaration controversée de Célestin Tawamba

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Difficile d’accorder assez de crédit à cette prise de position du président du Groupement des Entreprises du Cameroun (Gecam) lors de l’Assemblée Générale Ordinaire (AGO) du 23 juin 2026.
Mais que fera donc le Gecam ? S’il n’y a rien à dire au sujet de la validation de ses comptes, de l’accueil de 42 nouveaux adhérents, on s’interrogerait tout de même au sujet de la vision réelle du Groupement quant au développement économique du Cameroun alors que l’heure est à la matérialisation de la politique d’import-substitution. Laquelle voudrait que soit valorisée la production locale.

Au cours de cette Assemblée Générale Ordinaire, il a été indiqué qu’il ne s’agissait nullement d’une rencontre statutaire se limitant à un exercice comptable. Il a été question pour Célestin Tawamba de redéfinir la ligne de conduite de cette organisation patronale depuis la fusion entre le Gicam et l’Ecam.

« Notre rôle n’est pas et ne sera jamais d’applaudir lorsque tout va bien et de se taire lorsque les difficultés apparaissent », avait indiqué Célestin Tawamba. Une prise de position normale et même audacieuse à l’interprétation des revendications très souvent exprimées par l’organisation vis-à-vis des pouvoirs publics. « Notre responsabilité est plus exigeante. Elle consiste à dire les choses telles qu’elles sont, avec objectivité, avec loyauté envers les Institutions de la République, mais également avec la franchise que nous impose notre devoir de représentation des entreprises camerounaises ».

Gecam : rien d’autre que des « bayam-sellam »

Alors que ce même groupement a applaudi lorsqu’il a été énoncé la politique d’import-substitution et dont il connaît les inductions, comment expliquer que nos opérateurs économiques accordent très peu d’intérêt à la recherche, qu’elle soit axée vers l’agriculture dont on sait qu’elle est à la base de toute forme de développement, qu’elle soit sur tout un autre domaine (industrie de transformation et autres) pour ne se contenter que de la revente des produits d’importation ?
Le président du Gecam a par exemple annoncé la construction d’une entité de transformation de blé au Port Autonome de Kribi. D’où viendrait la matière qu’il faudra transformer alors que la production de blé au Cameroun reste embryonnaire, et que dans le même temps, des expérimentations ont démontré que le blé pouvait prospérer au niveau local ? De manière répétitive, on voit des vendeurs de tomates sillonnant les quartiers à bord des tricycles et criant à tue-tête « tomate, tomate » dans la perspective d’écouler leur production et éviter les pertes post-récolte qui se chiffrent en tonnes. Il en est aussi d’autres denrées très consommées par les populations. Il est aussi très difficile d’admettre que le Cameroun, disposant entre 360 et 590 kilomètres de côte maritime, ne possède pas du moindre bateau de pêche. Du rapport 2025 de l’Institut national de la statistique (INS) sur le commerce extérieur, il est mentionné que le Cameroun a par exemple importé 267 259 tonnes de poissons de mer congelés, pour une dépense totale de 230,8 milliards de FCFA.

Au cours de l’AGO du 23 juin 2026, il a été fait cas de la programmation de la deuxième édition des Rencontres des Entreprises du Cameroun (REC), pour les 17 et 18 février 2027 à Yaoundé. Il s’agira d’un moment au cours duquel les acteurs du secteur privé et les pouvoirs publics, « dialogueront ». Il s’agira d’un moment au cours duquel le Gecam cherchera une fois de plus à faire résonner sa voix ; à présenter ses revendications sur la fiscalité, l’énergie et le financement de l’économie.
Ce qui est juste. « Le rôle du Gecam n’est pas et ne sera jamais d’applaudir (…) Un porte-parole, pas un faire-valoir. » C’est vrai. Mais que font les « industriels camerounais » dans le cadre de la matérialisation de la politique d’import-substitution ? Question de conscience.

Région du Kabadougou / EL Hadj Diaby Mamadou Mabanaladji investi chef du village de Samatiguila

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