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Prix d’Excellence scientifique : le Dr Pierre Noumessi plaide pour une souveraineté sanitaire africaine

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C’est dans son cabinet-pharmacie, situé à Akwa, à Douala, que le Dr Pierre Noumessi a reçu, le 5 août 2026, le Prix d’Excellence Scientifique 2026. Une distinction décernée par le Réseau des Journalistes en Soutien aux Actions de Paix et de Développement Durable en Afrique et à Madagascar (REJ-SAPDDA), présidé par George Martial Ngalieu, directeur de publication de _La Voix de l’Afrique_.
Au-delà du symbole honorifique, cette distinction entend mettre en lumière un parcours consacré à la recherche, à l’innovation et à la valorisation de la pharmacopée africaine. Naturopathe et chercheur, le Dr Pierre Noumessi revendique à ce jour sept brevets d’invention enregistrés, tandis que quatre autres seraient en cours de procédure.

Des savoirs ancestraux à la recherche scientifique

Pour le lauréat, la reconnaissance reçue constitue d’abord un encouragement à poursuivre un travail souvent accompli loin des projecteurs.
Visiblement ému, le Dr Noumessi a exprimé sa gratitude devant la presse : « C’est une immense fierté pour moi. Quand tu travailles, tu ignores que l’on te voit. C’est en recevant cette reconnaissance que l’on prend conscience de son impact. Cela fait du bien. »
Mais derrière cette émotion se trouve une ambition plus large : contribuer à faire des ressources médicinales africaines un véritable levier de souveraineté sanitaire.
Le chercheur estime en effet que l’Afrique dispose d’une richesse insuffisamment exploitée dans le domaine des plantes médicinales et des savoirs thérapeutiques traditionnels. Une conviction qui nourrit son combat pour une meilleure reconnaissance de la pharmacopée dans les politiques publiques de santé.

« Le meilleur n’est pas toujours ailleurs »

La cérémonie a également servi de tribune au chercheur pour interpeller les pouvoirs publics africains. Son message est sans détour : l’Afrique doit davantage croire en ses propres capacités scientifiques et médicales.
« Je souhaite que les Africains comprennent que le meilleur n’est pas toujours ailleurs. Ils possèdent l’essentiel chez eux. Les gouvernements doivent écouter ce message », a-t-il lancé.
Le Dr Noumessi va plus loin en évoquant la question de la transmission. Son ambition, dit-il, est de laisser derrière lui un héritage susceptible de continuer à servir les populations africaines.
« Je ne voudrais pas quitter ce monde sans avoir laissé un héritage qui pourra continuer à sauver des vies en Afrique », a-t-il confié.

L’État interpellé

Point focal régional de la médecine traditionnelle dans la région du Centre, le Dr Pierre Noumessi appelle désormais les États africains à dépasser les discours pour donner une place plus importante à la recherche et à l’innovation issues des ressources locales. Pour lui, les brevets obtenus constituent une preuve que les chercheurs africains sont capables d’innover et de produire des connaissances susceptibles de rayonner au-delà du continent.
« Il est temps que l’État prenne ses responsabilités. Avec autant de brevets à mon actif, il est évident que le continent africain peut se faire entendre sur la scène mondiale », affirme-t-il. Une interpellation qui pose, en filigrane, la question de l’accompagnement des chercheurs africains : financement de la recherche, protection de la propriété intellectuelle, industrialisation des découvertes et surtout intégration des résultats de la recherche locale dans les stratégies nationales de santé.

La pharmacopée africaine au cœur de la souveraineté sanitaire

La reconnaissance accordée au Dr Noumessi dépasse ainsi la trajectoire individuelle du lauréat. Elle remet au centre du débat la place que l’Afrique souhaite accorder à ses propres ressources et à ses savoirs médicinaux.
Longtemps reléguée au second plan face aux modèles de médecine moderne importés ou hérités de systèmes occidentaux, la médecine traditionnelle cherche aujourd’hui à gagner en reconnaissance, en structuration et en encadrement scientifique.
Pour le Dr Noumessi, l’enjeu n’est pas de choisir entre tradition et modernité, mais de faire de la recherche un pont entre les deux. L’objectif est de transformer les connaissances ancestrales en solutions documentées, protégées et valorisées au bénéfice des populations.

La remise du Prix d’Excellence Scientifique 2026 apparaît donc comme bien davantage qu’une cérémonie honorifique. Elle constitue, à travers la voix du Dr Pierre Noumessi, une invitation adressée aux décideurs africains à investir davantage dans leurs chercheurs, leurs ressources naturelles et leurs capacités d’innovation.

De la reconnaissance d’un chercheur à l’exigence d’une souveraineté sanitaire, le message porté à Akwa est clair : l’Afrique ne manque pas seulement de ressources. Elle doit aussi apprendre à mieux reconnaître, protéger et valoriser celles qu’elle possède déjà.

Faustin Liboire Essomba 

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