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Dr Armand NGAKETCHA : « le Canada est une alternative sérieuse pour le Cameroun »

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Président, est-ce que vous pouvez nous parler de votre déploiement ici à Promote ? Qu’est-ce que vous présentez aux visiteurs, à tous ceux qui viennent visiter votre pavillon ?

Je voudrais dire que le Canada se présente aujourd’hui comme une alternative sérieuse en termes d’affaires, d’opportunités, mais surtout en termes d’investissement entre le Canada et l’Afrique, le Cameroun en particulier. Notre présence à Promote est justifiée par le fait qu’en tant que Chambre de Commerce, nous mobilisons nos membres qui sont des chefs d’entreprise ou des dirigeants de société afin de les connecter aux contreparties africaines. Je pense que le fait qu’ils viennent sur le terrain même au Cameroun pour rencontrer des gens, avoir des audiences, toucher du doigt justement les réalités d’affaires ici, permet d’accélérer justement leur volonté à s’installer ici ou à commencer à faire du business avec les entreprises camerounaises. Je ne crois pas aux relations à distance parce que chaque pays à sa culture et ses réalités endogènes. Nous représentons une nouvelle génération qui croit justement à la diversification des acteurs, des puissances avec lesquelles nous voulons faire affaire. Le Canada se positionne vraiment comme une alternative sérieuse dans différents domaines d’expertise puisque le Cameroun a besoin, dès maintenant, pour les grands changements que chaque citoyen camerounais attend.

Vous avez signé une convention avec un ministère. Est-ce que vous pouvez revenir sur cette convention ?

Nous avons signé une convention de partenariat avec le PEAC, qui est un Programme d’Employabilité, d’Entrepreneuriat et d’Appui à l’Industrialisation du Cameroun pour les jeunes et les femmes selon la vision du Chef de l’Etat de la République du Cameroun. Ce programme-là est placé sous l’égide du ministère de l’Emploi et de la formation professionnelle. Nous avons signé une convention importante qui permettra justement à la Chambre d’accompagner ce Programme pour la recherche d’un complément de financement d’environ 30 milliards FCFA, pour lequel une première partie d’environ 40 milliards FCFA a déjà été octroyée par la BAD. La Chambre va mobiliser des acteurs au niveau du Canada pour faciliter la recherche du financement supplémentaire. Mais au-delà de cette convention, qui n’est pas seulement financière mais qui est également technique, on vise à faire venir les entreprises, l’expertise canadienne, pour rentrer dans ce programme-là et apporter sérieusement de la formation, de l’accompagnement professionnel et technique aux Camerounais qui en ont de plus en plus besoin. Les formations académiques sont désuètes aujourd’hui. Je ne dis pas qu’il faut détruire les universités. Je dis qu’il faut changer de paradigme en mettant la formation professionnelle axée sur la technologie et l’innovation. Au-delà de ça, l’un de nos membres de la Chambre a signé un partenariat avec les CVUC pour mobiliser des formateurs canadiens pour le compte du programme national de formation aux métiers territoriaux. Beaucoup de gens sont élus maires ou conseillers municipaux. Il y a beaucoup de gens qui travaillent dans les mairies mais qui ne savent pas comment gérer une mairie effectivement. Si on gère mal une mairie, malheureusement, les populations ne rencontrent pas vraiment toutes les opportunités, tous les avantages. On a rencontré plusieurs autres ministères. Le ministère des Affaires sociales, le Minrex. On a également rencontré plusieurs autres entreprises ici nationales comme les Aéroports du Cameroun avec lesquels nous sommes alignés dans un projet très intéressant. On est également sur d’autres leviers avec les formations liées aux métiers ferroviaires dont on a une entreprise, membre de la Chambre, notamment Drapeau Corporation, qui est très spécialisée dans les équipements ferroviaires et qui va apporter justement sa contribution dans le cadre de la formation dans le domaine ferroviaire. Sachant que le Cameroun a signé depuis quelque temps une disposition qui permet aujourd’hui de relancer le tracé du chemin de fer Ngaoundéré-Garoua.

Président, il y a un phénomène actuellement, l’immigration au Canada. Est-ce que vous en parlez régulièrement au niveau de la Chambre ?

Oui, l’immigration ne doit pas être perçue comme un phénomène négatif. Elle doit être perçu plutôt comme une opportunité. Mais les gens connaissent le Canada à partir de l’immigration économique. Il y a l’immigration d’affaires également. On encourage beaucoup les Camerounais à aller vers le Canada aussi pour pouvoir avoir des parts de marché, rentrer dans l’économie, entreprendre, reprendre des entreprises. De même que nous encourageons les Camerounais de la diaspora au Canada, de revenir au Cameroun et de se lancer dans la reprise d’entreprises ici. Il n’est plus question de créer des entreprises, mais on peut aussi reprendre certaines qui n’ont pas pu fonctionner. L’immigration apporte quand même un ouf de soulagement aux familles. Il y a des gens qui vivent dans ce pays avec des diplômes mais qui n’ont pas d’emploi, qui ont des salaires ridicules. Le fait que le Canada les absorbe permet également de juguler, en tout cas permet de ralentir cette bombe à retardement massive puisque la jeunesse qui en pâtît. Et donc s’il y a des pays comme ça qui s’ouvrent et qui donnent la possibilité aux gens de s’y installer pour ramener des devises et du savoir-faire. Ce qui est plutôt bénéfique.

Revenons un peu à la 10ᵉ édition du Salon Promote. Les visiteurs, est-ce qu’ils s’intéressent à vos activités ? Que disent-ils ? Et ceux avec qui vous êtes venus dans le cadre de ce Salon, quelle est leur appréciation de l’organisation ? Est-ce qu’il y a des manquements ou des améliorations à faire ?

Il y a toujours des manquements, il y a toujours des surprises désagréables. Mais je peux vous dire que le public camerounais, en tout cas les visiteurs, ont répondu massivement. Je vous assure que même nos membres qui ont fait le déplacement, ils me disent « Pour moi, ça me va, j’ai fait mon Promote. » Alors qu’on n’est pas rendu au terme. Cela signifie que cet événement est un catalyseur, un accélérateur d’opportunités d’affaires. Je pense qu’ils s’en vont d’ici extrêmement satisfaits.

Propos recueillis par Didier Ndengue

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