Le document, signé par Ing Fioko A Mekang Housseni, se présente comme porte-parole des ressortissants du canton. Il dénonce des excès de pouvoir, une erreur de droit et une erreur de qualification juridique dans la conduite de la consultation.
Les plaignants rappellent que la chefferie de Nkokoe, créée en 1952, fonctionne depuis sur un mode de succession lignagère au sein de la famille Bidias A Ngon. Ils indiquent que Me Bitang A Ngon a déjà été désigné successeur coutumier par les membres légitimes de la famille, conformément aux usages internes. Pour eux, l’administration ne peut pas organiser une consultation concurrentielle comme s’il s’agissait d’une chefferie nouvellement créée. Ils évoquent une erreur de qualification juridique et une méconnaissance des faits coutumiers.
Un autre point de désaccord porte sur le projet de tenir les consultations à Kiiki, hors du siège traditionnel du canton. Les requérants estiment que cette délocalisation porte atteinte à la continuité institutionnelle et risque d’attiser les tensions locales.
Le recours s’appuie sur le décret n°77/245 du 15 juillet 1977 fixant le régime des chefferies traditionnelles. L’article 8 dispose que les chefs sont choisis au sein des familles appelées à exercer coutumièrement le commandement. Les articles 10 et 11 encadrent les consultations en cas de vacance.
Les pétitionnaires demandent au préfet la suspension immédiate de la procédure en cours, la reconnaissance du caractère confirmatif de la désignation administrative au regard de la désignation coutumière déjà opérée, la requalification de la chefferie comme chefferie lignagère existante, le maintien des consultations au siège traditionnel du canton et le respect strict du décret de 1977. Le document précise qu’il est formé sous réserve de tout autre recours hiérarchique ou contentieux pour excès de pouvoir devant les juridictions compétentes.
Copie du courrier a été transmise au ministre de l’Administration territoriale, au gouverneur de la région du Centre et à la sous-préfète de Kiiki. Aucune réaction officielle du préfet du Mbam-et-Inoubou n’a été rendue publique pour l’heure.
















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