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Se sortir du piège de la « franchise déguisée » : l’Anipes en mode remédiation

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« La quasi-totalité des diplômes étrangers délocalisés dans notre pays n’ont pas le statut de diplôme d’enseignement supérieur dans leur propre pays d’origine. Nous avons laissé prospérer le piège de la « franchise déguisée », où l’Ipes camerounais assume tous les risques pendant que l’opérateur étranger encaisse les bénéfices sans réel contrôle pédagogique. Nous avons confondu de simples certifications professionnelles avec des grades universitaires conférés par l’État. Nous avons été victimes du mirage du « diplôme international », oubliant qu’un diplôme apatride n’existe pas en droit public ».

Ces seuls mots de Pr Marcel Fouda Ndjodo, inspecteur général des affaires académiques au ministère de l’enseignement supérieur, suffisait pour comprendre à quel point la situation était devenue délicate, tant pour le système de l’enseignement supérieur au Cameroun que pour les impétrants inscrits régulièrement dans les institutions universitaires locales. Encore que, « l’éducation n’est pas un simple service marchand que l’on importe sans filtre » quand on sait qu’un diplôme est un acte d’ordre public, un contrat social qui garantit la confiance publique.

Il faut dire qu’au regard de la portée de ce séminaire, il n’a pas été surprenant qu’il ait connu la participation et la présence du Président de l’Association Nationale des Instituts Privés d’Enseignement Supérieur (Anipes), des Fondateurs, Promoteurs et Responsables Académiques des IPES, des Inspecteurs Académiques.

En ce sens, Dr Francisca Biaka, 3e vice-présidente de la Naphei a tenu à remercier le Ministre d’État, Ministre de l’Enseignement supérieur, Chancelier des Ordres académiques, le Professeur Jacques Fame NDONGO, qui a initié cet important séminaire. Car pour lui, ce séminaire sur le rapport d’inspection académique relatif aux programmes et diplômes étrangers au Cameroun est arrivé à point nommé. « La coopération universitaire a pris son essor avec la multiplication des Ipes dans notre pays, grâce à la volonté de notre Chef de l’État, Son Excellence Paul Biya ».

Aussi a-t-il invité tous les membres de l’Anipes/Naphei à être attentifs et à s’informer sur les bonnes pratiques concernant les programmes et diplômes étrangers au Cameroun. Car L’heure n’est plus aux rumeurs ni aux approximations. L’heure est à la restitution de la vérité. Tant il est vrai que cette rencontre n’était pas un tribunal, mais un espace de renforcement des capacités et de mutation institutionnelle. « Nous devons regarder la réalité en face. L’ouverture internationale est une chance pour capter des savoirs exogènes, mais notre système s’est montré vulnérable face à des opérateurs peu scrupuleux », a émis l’inspecteur général des affaires académiques au Minesup.

« Il faut l’autorisation souveraine du pays d’origine pour exporter la formation au Cameroun, et l’habilitation expresse de l’État camerounais pour l’héberger. Sans ces deux clés, la formation est clandestine. » Il est à espérer que le message ait été bien compris et intégré par les Fondateurs, Promoteurs et Responsables Académiques des Ipes, car il y va de la crédibilité du Cameroun.

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