A la UneActualitésPolitique

Réformes institutionnelles, éducation et gouvernance : la vision de Charles Blé Goudé pour « une autre Côte d’Ivoire »

0

Placée sous le thème « Une autre Côte d’Ivoire est possible », cette rencontre a été pour Charles Blé Goudé l’occasion de lancer un appel à l’unité nationale et à l’engagement collectif pour la construction d’une Côte d’Ivoire plus juste, plus forte et plus solidaire.

Originaire de Niaprahio, dans la région de Guibéroua à l’ouest du pays, le président du COJEP a décliné un ensemble de réformes qu’il juge indispensables pour transformer durablement la société ivoirienne.

Charles Blé Goudé a d’abord exprimé sa vive critique du système éducatif ivoirien actuel, qu’il estime hérité du modèle colonial et peu adapté aux réalités économiques contemporaines. Selon lui, ce système forme davantage des agents administratifs que des entrepreneurs ou des techniciens qualifiés.

Il a cité le Ghana en exemple, mettant en avant la valorisation de la formation technique et professionnelle dès la fin du cycle primaire. Dans cette dynamique, il a proposé un programme d’« immersion patriotique » destiné aux jeunes de 16 à 25 ans. Ce programme viserait à renforcer la mémoire collective, le civisme, le respect des lois ainsi que des notions de secourisme, et deviendrait un critère prioritaire pour l’accès à la fonction publique.

Sur le plan de la gouvernance, le président du COJEP a plaidé pour la suppression de plusieurs institutions qu’il qualifie de « budgétivores ». Il a notamment cité le Sénat, la Vice-présidence de la République, le poste de Premier ministre, le Médiateur de la République ainsi que les ministres-gouverneurs. Ces suppressions, selon lui, permettraient d’économiser près de 100 milliards de FCFA.

Abordant la question économique, Charles Blé Goudé a dénoncé la dépendance alimentaire du pays, révélant que la Côte d’Ivoire importe chaque année pour environ 610 milliards de FCFA de riz. Il a proposé un plan d’urgence axé sur la mise en valeur des terres arables et la mécanisation de l’agriculture afin de faire du pays le « grenier de l’Afrique ».

Dans le domaine de la santé, il a présenté le concept du « plan 15 minutes », visant à garantir qu’aucun Ivoirien ne se trouve à plus de quinze minutes d’un centre de santé de premier contact. Il a également suggéré la création d’un fonds de garantie pour assurer la prise en charge immédiate des urgences médicales, sans condition préalable de paiement.

Sur le plan social, Charles Blé Goudé s’est réclamé de la social-démocratie, prônant une redistribution plus équitable des fruits de la croissance économique.

Concernant le système électoral, il a appelé à une réforme en profondeur de la Commission électorale indépendante (CEI). Il propose notamment l’exclusion des partis politiques de cette institution, au profit d’experts indépendants, afin de garantir son autonomie et sa crédibilité.

Il a également plaidé pour une limitation stricte et non négociable des mandats présidentiels à deux mandats maximum à vie, indépendamment de toute révision constitutionnelle. En outre, il a suggéré l’instauration d’un plafond d’âge compris entre 35 et 75 ans pour les candidats à l’élection présidentielle.

Sur la question de la corruption, Charles Blé Goudé a prôné une politique de tolérance zéro, estimant que l’exemplarité doit commencer au sommet de l’État. Se positionnant clairement à gauche de l’échiquier politique ivoirien, il a appelé à la renaissance de cette famille politique afin de redonner un « visage humain » à l’action publique.

Il a enfin insisté sur la nécessité de préserver un climat social apaisé, où les divergences se règlent par le dialogue et non par la violence, et où la liberté d’expression est garantie sans crainte de répression.

Pour finir, Charles Blé Goudé a évoqué sa situation judiciaire personnelle, rappelant qu’il n’est pour l’heure « ni électeur, ni éligible ». Toutefois, il a réaffirmé son ambition de prendre part à la compétition politique nationale, affirmant vouloir s’engager pleinement pour protéger son pays.

Cameroun : lancement officiel de la fête de la jeunesse à Gari-Gambo

Previous article

You may also like

Comments

Leave a reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *