« Quand les éléphants se battent, c’est l’herbe qui en souffre ». Cet autre conflit qui veut prendre racine entre le ministère des Finances et la direction générale du Port autonome de Douala, pourrait se résumer dans cette sagesse africaine. Au-delà de l’asphyxie et ou de la paralysie que pourrait vivre le Pad, ce sont les opérateurs économiques et par-delà, les consommateurs en bout de chaîne qui en souffriraient, dans ce conflit de gladiateurs (Pad vs Minfi) transporté dans un cadre purement personnel entre Cyrus Ngo’o et Louis Paul Motaze au sujet de Transatlantique D SA contre la SGS.
Dans la logique des réformes que le Port autonome de Douala (Pad) a engagées, il est advenu que l’activité de scanning allait désormais incomber à Transatlantic D SA en lieu et place de la Société Générale de Surveillance. Cette résolution avait fait l’objet d’une correspondance officielle à l’attention du ministre des Finances en date du 29 décembre 2025. La correspondance indiquait que les opérations de scanning par Transatlantic D SA allaient débuter de manière effective le 02 janvier 2026. Face à cette situation, et dans un courrier adressé au Directeur général du Pad, la réaction du ministre des Finances, Louis Paul Motaze, sentencieuse, est tombée : « Je vous demande de vous en tenir, en cette matière, aux dispositions pertinentes du contrat d’inspection par scanner (CIS), que le Gouvernement a conclu avec la Société Générale de Surveillance (SGS) le 02 mars 2015 en vue de renforcer la sécurisation des recettes douanières ». Ce qui voulait dire qu’un terme devait être mis sur les activités de Transatlantic D SA, à peine avaient-elles été lancées. Pour cela, Louis Paul Motaze aura de suite pris appui sur l’autorité de l’État et la primauté du contrat liant directement le gouvernement à la SGS.
Duel
Dans le communiqué n°000041-CF/DG/PAD du 19 janvier 2026, Cyrus Ngo’o revient à la charge et indique que « les opérations d’inspection non intrusive des cargaisons (scanning) au port de Douala-Bonabéri, sont effectivement et exclusivement assurées depuis le 02 janvier 2026 par Transatlantic D SA, concessionnaire de ladite activité ». Et le communiqué de poursuivre : « par conséquent, toutes les administrations qui implémentait le paiement du scanning sur la base de l’ancien système, sont invitées à le désactiver et à s’arrimer immédiatement à la nouvelle procédure de scanning afin d’éviter le double paiement des frais de scanning aux chargeurs ».
Dans ce contexte, qui devra-t-on suivre ? Louis Paul Motaze, ministre des Finances qui parle de « l’autorité de l’État et la primauté du contrat liant directement le gouvernement à la SGS » ou alors de Cyrus Ngo’o, Directeur général du Pad qui se situe sur un domaine purement économique ? Il est à craindre non seulement un engorgement suivi d’une paralysie du Pad, mais aussi autant des problèmes de sécurisation de l’enceinte portuaire que de la sécurisation des recettes.












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