A la UneAfriqueInternationalLe ChroniqueurTribune Libre

Le football africain sous le joug de la finance internationale : le Maroc, cheval de Troie d’un nouvel impérialisme

0

Par Charly Kengne

​L’actualité du football africain vient de livrer un verdict qui dépasse le cadre des pelouses : la remise de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) à la Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF), deux mois après la victoire par tapis vert du Sénégal, est l’aboutissement d’une manœuvre de haute voltige géopolitique. Ce n’est plus une décision sportive, c’est un acte de soumission institutionnelle. À travers le prisme de la géoéconomie, il apparaît clairement que la Confédération Africaine de Football (CAF) est devenue le théâtre d’une offensive menée par la finance internationale, dont le Maroc agit comme le mandataire principal sur le continent.

I- ​Le Maroc : l’antichambre et le relais de la finance sioniste

​Pour comprendre la métamorphose de la CAF, il faut observer les flux de capitaux. Le Maroc ne se contente plus de gérer ses propres ressources ; il s’est positionné comme l’antichambre des puissants fonds d’investissement liés au mouvement sioniste mondial. En injectant massivement des liquidités dans le football africain, Rabat n’opère pas par pure passion sportive, mais comme un « cheval de Troie » destiné à implanter des agendas impérialistes au cœur des structures sociales du continent.

​Cette finance internationale, qui s’est manifestée avec ostentation lors des derniers Jeux Olympiques de Paris, cherche à uniformiser les valeurs culturelles mondiales. Le football, sport roi en Afrique, est le vecteur idéal pour cette pénétration. En finançant les infrastructures et en parrainant des fédérations précaires — comme le montre l’éviction brutale d’équipementiers souverains au profit de marques marocaines sous influence — le Royaume chérifien verrouille le vote des nations africaines au profit d’intérêts qui ne sont pas les leurs.

II- ​L’axe Rabat-Johannesburg : la CAF sous mandat

​Le rôle du président de la CAF, Patrice Motsepe, soulève des interrogations légitimes. Malgré sa stature de milliardaire, il semble incapable de soustraire l’institution au chantage financier exercé par le lobby chérifien. Cette alliance de circonstance entre la puissance financière sud-africaine et le relais politique marocain crée un axe de pouvoir qui marginalise les principes de souveraineté sportive.

​La volte-face de la CAF sur le dossier sénégalais est révélatrice de cette géopolitique de l’intimidation. Pourquoi punir le Sénégal alors que le dossier avait été juridiquement vidé par le jury disciplinaire ? La réponse est idéologique. Le Sénégal, par la voix de son Parlement, a récemment opposé une fin de recevoir catégorique aux agendas sociétaux promus par les réseaux de la finance internationale (notamment sur les questions de mœurs et de lobbying LGBT). Cette résistance à l’« ignominie » a fait du Sénégal une cible. Lui retirer son trophée au mépris de l’article 84 des statuts de la CAF est une mesure de rétorsion politique visant à humilier une nation qui refuse de plier devant les nouveaux impérialismes.

III- ​La géoéconomie de la sanction : un avertissement au continent

​La mainmise marocaine sur le sponsoring de la CAF et des fédérations nationales crée une dépendance structurelle. Lorsque le Maroc impose ses équipementiers (cas de la RCA) ou exige la restitution d’un trophée « volé », il ne fait qu’exercer le droit de propriété que lui confère son rôle de bailleur de fonds pour le compte du lobby sioniste.

​Le message envoyé aux autres nations africaines est limpide : votre réussite sportive dépend désormais de votre alignement sur les intérêts de ceux qui financent la machine. La CAF n’est plus une instance de régulation, mais une plateforme de distribution de récompenses pour les bons élèves du mondialisme et de sanctions pour les récalcitrants.

IV- ​Conclusion : pour une souveraineté du football africain

​Nous sommes au cœur d’une marche du monde où le ballon est devenu une arme de coercition. Face à cette « marche du monde » dictée par la finance internationale et ses relais régionaux, l’Afrique doit impérativement se doter d’une instance faîtière réellement indépendante. Il est temps de sortir des émotions pour analyser froidement cette architecture de domination. Le combat du Sénégal est celui de la dignité contre le « deal » permanent qui corrompt nos institutions.

Changements à la tête du Parlement : la classe politique camerounaise adoube les réformes du chef de l’État

Previous article

You may also like

Comments

Leave a reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *