La décision du Cameroun de désigner Taïwan comme une province de Chine dans le cadre de la conférence ministérielle de l’OMC à Yaoundé n’est pas une « erreur », mais l’expression d’une cohérence diplomatique rigoureuse en phase avec le Droit International et les principes qui fondent sa diplomatie.
1. LE RESPECT DU PRINCIPE D’UNE « SEULE CHINE »
Le droit international, tel que défini par la Résolution 2758 de l’Assemblée générale des Nations Unies (adoptée en 1971), reconnaît la République populaire de Chine comme l’unique représentant légitime de la Chine auprès de l’organisation.
– En s’alignant sur cette terminologie, le Cameroun respecte ses engagements internationaux et la charte de l’ONU.
– Pour la vaste majorité de la communauté internationale, dont le Cameroun fait partie, Taïwan n’est pas un État souverain au sens du droit international classique, mais une entité faisant partie intégrante de l’ensemble chinois.
2. UNE ALLIANCE STRATÉGIQUE INDÉFECTIBLE
La Chine est plus qu’un simple partenaire commercial pour le Cameroun ; c’est un allié de premier plan.
– Soutien au Conseil de Sécurité : En tant que membre permanent du Conseil de Sécurité de l’ONU, la Chine apporte un soutien diplomatique crucial au Cameroun, notamment sur les questions de souveraineté et de non-ingérence dans les affaires intérieures.
– Partenariat de Développement : La Chine accompagne le Cameroun dans ses grands projets d’infrastructure (barrages, ports, autoroutes). La loyauté diplomatique est le socle de cette coopération « gagnant-gagnant ».
3. LA HIÉRARCHIE DES NORMES ET LA RÉALITÉ GÉOPOLITIQUE
Bien que Taïwan siège à l’OMC sous le nom de « Territoire douanier distinct », cette appellation est une spécificité technique liée au commerce mondial qui ne saurait prévaloir sur la reconnaissance politique et diplomatique d’un État.
– Le Cameroun, en tant qu’État hôte, exerce sa souveraineté en accord avec sa politique étrangère.
– Accepter une désignation qui suggérerait une souveraineté étatique de Taïwan serait en contradiction directe avec les accords bilatéraux signés entre Yaoundé et Pékin.
CONCLUSION
La réaction de Taipei, bien que prévisible sur le plan de sa communication interne, ne saurait remettre en cause le choix souverain du Cameroun. En privilégiant la terminologie officielle de « Province de Chine », le Cameroun réaffirme sa fidélité à ses principes diplomatiques et consolide sa relation avec un partenaire qui ne lui a jamais fait défaut sur la scène internationale.
La diplomatie est l’art de la cohérence. En restant ferme sur la question de « l’Unique Chine », le Cameroun protège ses intérêts nationaux tout en honorant la légalité internationale reconnue par les Nations Unies.
















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