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La Fondation Tony Elumelu lance sa 12e cohorte (3 200 jeunes entrepreneurs africains soutenus à hauteur de 16 millions de dollars)

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Fondée en 2010 par Tony O. Elumelu, la FTE se positionne comme un acteur majeur du développement économique africain, orienté vers le soutien des entrepreneurs privés, considérés comme les catalyseurs du progrès social et économique du continent. Depuis 2015, plus de 24 000 jeunes Africains ont reçu un capital d’amorçage non remboursable d’environ 5 000 dollars chacun, financements complétés par un accompagnement global réunissant formation, mentorat et mise en réseau. La plateforme digitale TEFConnect, développée par la fondation, a déjà formé plus de 2,5 millions de jeunes aux compétences entrepreneuriales.

La sélection des bénéficiaires s’appuie sur un protocole rigoureux. Sur plus de 265 000 candidatures reçues, 112 202 ont été retenues au terme d’un premier examen portant sur la légalité, la complétude et la validité des dossiers. Vient ensuite une phase d’évaluation structurée qui analyse en détail la qualité des projets sur cinq critères : la pertinence du problème adressé et la solution proposée, la faisabilité et les perspectives de marché, le caractère innovant et la capacité à se développer à grande échelle, la solidité du modèle économique et enfin la compétence du fondateur. Chaque dossier est revu par plusieurs experts indépendants pour garantir impartialité et fiabilité. Une due diligence finale implique des vérifications approfondies, notamment une validation d’identité, des entretiens vidéo et des visites sur site afin d’écarter toute fraude ou entreprise fictive. La cohorte finale se compose de 1 951 entrepreneurs, choisis en fonction de leur score, mais aussi selon une représentation équilibrée entre régions et secteurs.

La parité est largement respectée puisque 51 % des bénéficiaires sont des femmes. Une majorité notable, 75 %, appartient à la tranche d’âge 18-35 ans, témoignant du dynamisme de la jeunesse africaine. Par ailleurs, la fondation porte une attention particulière à l’inclusion des personnes en situation de handicap, avec treize entrepreneurs identifiés comme porteurs de handicap.

Le panel des secteurs couverts illustre une grande diversité. L’agriculture et l’agro-industrie représentent près de 31 % des projets, suivis par la mode et le textile (8,87 %), la transformation agroalimentaire (8,66 %) et les technologies de l’information, l’intelligence artificielle et les logiciels (7,02 %). Les domaines liés à l’économie verte, l’énergie propre, la santé, l’éducation et les industries créatives sont également bien représentés, reflétant la volonté de la fondation d’encourager un développement durable et innovant.

La répartition géographique met en lumière un fort ancrage urbain, avec 70% des lauréats basés en milieu urbain, mais laisse également une place importante aux zones rurales (46%), notamment aux phases d’idée ou de démarrage.

Le Cameroun affirme sa position de leader régional en Afrique centrale avec 30 entrepreneurs sélectionnés, un quart de la cohorte régionale. Cette place témoigne de la vitalité de l’écosystème entrepreneurial camerounais et de sa capacité à mobiliser des talents prometteurs dans des secteurs clés comme l’agro-industrie, les technologies numériques et les industries culturelles. Cet ancrage régional positionne le pays comme un moteur essentiel dans la dynamique portée par la Fondation Tony Elumelu.

Outre le Nigeria, pays d’origine du fondateur Tony Elumelu, qui concentre à lui seul des revenus générés de près de 183 millions de dollars et la création de plus de 488 000 emplois, d’autres États émergent avec des résultats significatifs. Parmi eux, le Mali, le Kenya et le Bénin se distinguent par leur contribution à la création d’emplois et au développement entrepreneurial. En Afrique centrale, le Cameroun et le Tchad enregistrent des performances notables avec respectivement 20 et 17 millions de dollars de revenus générés.

La Fondation Tony Elumelu déploie une stratégie globale qui combine financement, formation, mentorat et mise en réseau, renforcée par des partenariats stratégiques avec des institutions internationales comme l’Union européenne, le Programme des Nations unies pour le développement, la Banque africaine de développement, ainsi qu’avec des acteurs privés tels que Google et la fondation IKEA.

La présentation de la cohorte 2026, retransmise en direct en plusieurs langues (anglais, français, portugais, arabe), illustre la volonté d’ouverture et l’inclusion de l’initiative. À travers ce programme, la fondation s’inscrit dans un modèle de développement endogène, porté par les forces vives du continent, contribuant directement aux objectifs de développement durable des Nations unies.

Dans un contexte où le chômage des jeunes, l’accès au financement et la fragilité de certains États demeurent des défis majeurs, la Fondation Tony Elumelu continue de proposer un modèle alternatif. Les résultats générés par ses bénéficiaires (plus de 4,2 milliards de dollars de chiffre d’affaires cumulés, 1,5 million d’emplois créés, et plus de 2 millions de personnes sorties de la pauvreté) témoignent de l’impact concret de son action. Cette nouvelle génération d’entrepreneurs incarne l’espoir et le potentiel de transformation des économies africaines à partir de leurs propres ressources.

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