Le hall du Djeuga Palace Hôtel, à Yaoundé, s’est transformé, le temps d’une journée, en passerelle vers l’enseignement supérieur au Canada. Organisée par Global Ed, en partenariat avec l’organisme Passage, cette rencontre a attiré plusieurs centaines d’étudiants et jeunes diplômés camerounais, venus explorer des opportunités d’études longtemps jugées difficiles d’accès.
Dès 9 heures, une foule dense s’est rassemblée aux points d’accueil, témoignant de l’engouement croissant pour les parcours internationaux. En réunissant les représentants de onze collèges et universités canadiennes, Global Ed a cherché à réduire les barrières administratives, financières et psychologiques qui freinent souvent les candidats africains dans leur accès aux institutions nord-américaines.
Grâce à des plateformes numériques interactives et des entretiens personnalisés, les participants ont pu faire évaluer leur profil, bénéficier de conseils d’orientation et, pour certains, recevoir sur place un avis d’admissibilité. Cette démarche concrète illustre la stratégie de Global Ed : transformer l’ambition d’étudier à l’étranger en projet structuré.
« Nous sommes présents au Cameroun pour faciliter l’admission des étudiants dans les collèges et universités canadiens. Étudier à l’étranger constitue une ambition légitime. Nous encourageons les candidats à emprunter des voies légales, avec des opportunités encadrées », expliquent les organisateurs. « Nous examinons les dossiers directement lors de l’événement et délivrons des préadmissibilités aux profils conformes aux critères. »
Pour favoriser l’accès à cette opportunité, la journée a exceptionnellement proposé la gratuité des frais d’inscription, incitant certains candidats à parcourir de longues distances depuis Douala, Buea ou d’autres villes importantes. Cette mesure, au-delà de sa portée symbolique, s’inscrit dans la politique d’inclusion défendue par Global Ed, qui œuvre à démocratiser l’accès à l’information et aux procédures d’admission.
Le financement constitue un autre levier central. Grâce à son partenariat avec Passage, les étudiants éligibles peuvent bénéficier d’un soutien pouvant atteindre 65 000 dollars canadiens, soit environ 30 à 32 millions de francs CFA. Cette enveloppe couvre les frais de scolarité comme les dépenses courantes, atténuant ainsi l’un des principaux freins à la mobilité internationale.
Mais Global Ed ne se limite pas à l’admission : l’accompagnement s’inscrit dans une démarche globale, accompagnant l’étudiant tout au long de son parcours. « Passage ne se limite pas au financement. Nous suivons les étudiants depuis leur admission jusqu’à leur insertion professionnelle au Canada », précisent les responsables. Analyse des filières porteuses, assistance pour l’obtention du permis d’études, préparation au départ, accompagnement lors de la recherche d’emploi, conseils pour une installation durable figurent parmi les services proposés.
Les formations accessibles correspondent aux besoins actuels du marché du travail canadien : technologies de l’information et de la communication, éducation, santé et disciplines techniques des sciences, technologies, ingénierie et mathématiques (STEM), incluant notamment l’ingénierie, l’électronique, l’électricité et la plomberie. Un volet en sciences sociales complète cette offre, témoignant d’une volonté d’accueillir des profils diversifiés.
Cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus vaste : la compétition internationale pour attirer les talents. Face au vieillissement démographique et aux pénuries de compétences dans plusieurs secteurs, le Canada multiplie les dispositifs pour séduire une jeunesse africaine réputée pour sa qualification et son adaptabilité.
Pour les participants, cette journée a marqué un tournant. Elle met en lumière le rôle croissant des organismes d’accompagnement dans la structuration des projets de mobilité, en sécurisant des démarches souvent complexes.
Reste cependant la question essentielle de la circulation des compétences. Ces parcours internationaux, qui offrent des perspectives individuelles importantes, invitent à s’interroger sur les mécanismes à mettre en place pour faciliter, à terme, le transfert de savoirs vers leurs pays d’origine.
En attendant, Global Ed a matérialisé ce qui paraissait encore inaccessible pour beaucoup : un accès direct aux universités canadiennes. Cette initiative confirme que dans la compétition mondiale pour les talents, l’ouverture commence par la construction de passerelles concrètes et pragmatiques.
















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