La Société Camerounaise de Palmeraies (Socapalm) a cédé l’une de ses sept plantations de palmiers à huile (celle d’Eséka) à Opalm, une société de droit camerounais spécialisée dans la transformation de l’huile de palme. Cette décision a été rendue publique. Il a aussi été indiqué que « l’ensemble du personnel service est transféré à Opalm, avec maintien intégral des droits acquis, de l’ancienneté, des fonctions et des avantages sociaux ». Bien d’autres rencontres en vue de s’accorder sur de petites détails et rassurer toutes les parties prenantes, ont eu lieu. Mais bien curieusement, cette cession continue de susciter des interrogations alors qu’il est connu de tous que la Socapalm reste et demeure un géant dans la production de l’huile de palme au Cameroun.
Comment expliquer qu’avec une production nationale gravitant autour de 400 000 tonnes pour une demande qui oscille entre 1 million et 1,5 million de tonnes, soit un gap de 130 000 et 500 000 tonnes selon les segments, obligeant le Cameroun à se rabattre sur des importations coûteuses, qu’on en arrive à de telles situations ? Il se trouve tout simplement que pour que le Cameroun redevienne compétitif, un seul acteur ne suffit plus. Dans un tel contexte, Opalm se présente comme apparait comme un maillon important visant à combler ce vide, quand on sait qu’ici, en plus de produire, on transforme aussi localement cette matière première au-delà de la sécurisation de la chaîne d’approvisionnement pour tous les acteurs de la filière.
Relativement à cette confusion qui persiste quant à ce qui est de la fixation des prix de l’huile, il ne revient pas à la Socapalm, malgré sa position de leader, dans décider. La venue d’Opalm induira certainement une sorte de rééquilibrage quand on sait qu’aucun producteur primaire ne devrait dicter sa loi sur les tarifs. Partant du fait que l’Indonésie et la Malaisie contrôlent 81 % de la production mondiale avec plus de 51 millions de tonnes, l’on devrait normalement s’attendre à une amélioration de la production locale. Il s’agit donc d’une action plutôt citoyenne menée par la Socapalm quand on sait que contrairement aux idées reçues, ce ne sont pas les caisses des producteurs comme la Socapalm qui se remplissent, mais bien les poches de certains transformateurs de second niveau et détaillants qui fixent leurs marges en toute impunité. En augmentant la disponibilité et en structurant mieux la distribution, le projet porté par le duo Socapalm-Opalm va réguler naturellement le marché.
Alors qu’il est de plus en plus fait cas de la politique de l’import-substitution, il y a lieu d’apprécier à sa juste valeur la synergie entre la production historique de la Socapalm et les technologies de Opalm qui créent un écosystème intégré capable de répondre aux standards de durabilité les plus exigeants.
















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