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Douala Ier: Lengué Malapa, la tentation de la continuité

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Dans les rues feutrées de Bonanjo comme dans les artères animées de Deïdo ou de Nkongmondo, une même interrogation circule, insistante : Jean-Jacques Lengué Malapa acceptera-t-il de « rempiler » ? À Douala Ier, la question n’est plus seulement politique ; elle est devenue sociale, presque civique. Associations de commerçants, chefs traditionnels, comités de quartier : tous convergent vers une même demande, celle de la continuité.

Fidèle à sa réputation de technocrate réservé, le maire sortant ne s’est pas encore prononcé. Mais le silence de l’homme contraste avec le bruit des chiffres. Sous son magistère, la Commune d’arrondissement de Douala Ier s’est imposée comme une référence nationale en matière de gouvernance locale. Le budget communal, passé de 1,6 milliard à plus de 3 milliards de francs CFA, témoigne d’une montée en puissance rarement observée à ce niveau territorial. Plus spectaculaire encore, l’excédent de plus de 4,4 milliards de francs CFA dégagé lors du compte administratif 2023, fruit d’une gestion rigoureuse et d’une ingénierie financière saluée par le Fonds spécial d’équipement et d’intervention intercommunale (Feicom).

À Douala Ier, le discours politique cède le pas à la méthode. Présenté comme prudent, le budget-programme 2025-2027 ( stabilisé à 3,445 milliards de francs CFA, en baisse de 21 % ) illustre une anticipation assumée des effets de la nouvelle loi sur la fiscalité locale. « Il ne s’agit pas de séduire, mais de sécuriser l’avenir », confiait récemment un proche collaborateur. Une prudence qui n’exclut pas l’ambition : pavage de rues à Deïdo, construction d’un restaurant municipal à Akwa, projet inédit d’embarcation fluviale motorisée sur le Wouri, signe d’une vision urbaine qui intègre enfin la dimension maritime de la ville.

Portrait

Né en 1955, Jean-Jacques Lengué Malapa n’est pas un élu de circonstance. Formé aux lettres modernes, à la sociologie, à l’administration et à la finance, ancien cadre dirigeant du groupe Camship pendant près de trois décennies, il a importé dans la sphère publique une culture du résultat héritée du secteur privé. Formé en France et en Allemagne, militant du RDPC depuis sa création en 1985, il incarne un profil rare dans le paysage politique camerounais : celui d’un manager devenu maire, davantage préoccupé par l’équilibre budgétaire et la durabilité des projets que par les effets de tribune.

Son action municipale s’est voulue tangible. Informatisation des services, création d’un cyber-espace municipal, construction du futur City Hall dans la vallée de la Bessekè, amélioration de l’accès à l’eau potable à Ngodi et Bali, appui aux forces de sécurité, relance de la bibliothèque municipale : autant de chantiers qui ont redessiné le quotidien des administrés, loin des promesses abstraites.

Reste désormais le dilemme du renouvellement. À Douala Ier, beaucoup espèrent que l’homme acceptera de prolonger l’expérience. Dans les mots d’un responsable associatif d’Akwa, souvent repris comme un slogan de rue : « On ne change pas une équipe qui construit, on lui donne juste le temps d’achever son œuvre. »

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