Un litige foncier vieux de vingt ans oppose les acquéreurs de la « Forêt déclassée d’Abouabou » au CNRA. Entre décisions de justice ignorées, pertes financières et angoisse sociale, les victimes interpellent l’État sur la crédibilité de la gouvernance foncière.
Deux représentants du Collectif des Acquéreurs de la Forêt Déclassée d’Abouabou
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Côte d’Ivoire/Foncier à Abouabou : vingt ans d’injustice, les acquéreurs interpellent l’État

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Ils disent avoir la loi de leur côté, mais vivent toujours dans l’attente. Réunis en conférence de presse le samedi 30 août 2025, les membres du Collectif des Acquéreurs de la Forêt Déclassée d’Abouabou ont dénoncé une situation qu’ils qualifient « d’injustice persistante ».

‎Depuis près de deux décennies, « plus de 5 000 familles sont empêchées d’accéder à leurs parcelles légalement acquises, aujourd’hui occupées par le Centre National de Recherche Agronomique (CNRA). »

‎Historiquement reconnue comme appartenant aux communautés Ébrié/Atchan depuis le traité de 1886, la zone d’Abouabou a été intégrée au domaine urbain par plusieurs décrets (1982, 2000, 2016).

‎Plans de lotissement validés, ACD individuels, titres collectifs et décisions de justice viennent conforter la légitimité des acquéreurs. Pourtant, chaque tentative d’accès est bloquée par des individus se réclamant du CNRA, parfois de manière violente.

‎« Jai obtenu mon ACD en 2018. Mais impossible de construire. Chaque fois, on nous chasse », raconte Kabine Konaté, membre du collectif.

‎Au-delà des pertes financières, le désespoir est palpable : maisons de retraite abandonnées, familles contraintes à la location, stress permanent.

‎Malgré les multiples saisines adressées au gouvernement depuis 2019 – du ministère de la Construction jusqu’à la Présidence, aucune solution concrète n’a été apportée.

‎Le collectif réclame aujourd’hui l’accès aux parcelles, le départ du CNRA, la remise en place des bornes et la réouverture des voies d’accès.

‎« Nous ne cherchons pas laffrontement. Nous voulons simplement que la loi soit appliquée », insiste Benoît Hermithe Akoua, président du collectif.

‎Avec plus de 5 000 familles concernées, ce litige dépasse le simple cadre d’Abouabou. Il cristallise les inquiétudes des populations face aux lenteurs et contradictions du système foncier ivoirien.

Modou Zon

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