À partir de ce 1er janvier 2026, le port de Douala-Bonabéri renforce la sécurité ses opérations de conteneurs tant à l’importation qu’à l’exportation avec l'implémentation d'un système d'inspection non intrusive des cargaisons (scanning) entièrement modernisé. Désormais, c'est Transatlantic D S.A. qui assurera l'intégralité de ces opérations, dans le cadre d'une concession accordée par le Port Autonome de Douala.
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Au port de Douala, le double scanning des conteneurs asphyxie une industrie camerounaise déjà fragilisée

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Le scanning portuaire : un dispositif de contrôle essentiel mais complexe

Au cœur de cette crise, le scanning des conteneurs est une procédure sécuritaire visant à détecter rapidement la présence de substances illicites, d’armes ou de matières dangereuses. Ce contrôle, assisté par des technologies de radiographie avancées, est devenu un standard dans la quasi-totalité des ports internationaux, garantissant à la fois la sûreté du territoire et la fluidité des échanges commerciaux. Toutefois, sa mise en œuvre peut soulever des enjeux contractuels et institutionnels lorsque plusieurs opérateurs et administrations se succèdent ou se superposent dans les responsabilités et les modalités de tarification. À Douala, le passage de ce contrôle à une seule société prestataire, dans un contexte de réglementation mouvante, a révélé les failles d’un système qui, malgré sa nécessité, montre ses limites organisationnelles.

Douala, port stratégique en état de tension

Constituant près de 90 % des échanges extérieurs du pays, le Port de Douala-Bonabéri est le cœur névralgique de l’économie camerounaise. Dès lors, toute perturbation dans son fonctionnement a un effet immédiat sur les secteurs industriels locaux et, plus largement, sur les chaînes logistiques nationales. Depuis plusieurs semaines, un conflit lié au scanning bloque le dédouanement des conteneurs, avec des impacts visibles sur les délais d’approvisionnement, le coût des opérations et la compétitivité des entreprises.

Le Syndicat des Industriels du Cameroun (Syndustricam), dans un communiqué du 2 février, exprime sa vive inquiétude quant aux « graves perturbations affectant les opérations portuaires », soulignant l’impact direct de cette situation sur l’activité et la santé financière des entreprises.

Double facturation : un nœud administratif paralysant

La controverse réside dans la coexistence de deux opérateurs chargés du scanning : Transatlantic SA, qui a récemment obtenu la concession du service, et SGS Scanning Cameroun SA, ancien prestataire dont les installations sont désormais inactives mais dont les frais continuent d’être exigés par les services douaniers. Cette situation crée une double exigence de paiement, imposant aux entreprises industrielles une charge financière illégitime pour accéder à leurs marchandises.

Le résultat est implacable : sans paiement des deux entités, la mainlevée des conteneurs est refusée, plongeant les industriels dans un blocage total. Le Syndustricam insiste pour que « les entreprises ne soient pas victimes d’un différend institutionnel ».

Conséquences économiques : chaînes de production sous tension

Les conteneurs immobilisés génèrent des surestaries et des pénalités, aggravant une situation déjà pesante. Chaque jour de retard engendre des coûts additionnels, fragilisant la trésorerie des entreprises et perturbant la planification industrielle. Dans un contexte où les marges sont étroites, ces surcoûts affectent directement la compétitivité des industries exportatrices et locales.

Au-delà du coût immédiat, cette crise menace la réputation du port, essentiel pour l’attractivité régionale du Cameroun, alors que la concurrence des infrastructures portuaires voisines s’intensifie.

Un appel pressant aux autorités pour rétablir l’ordre

Le Syndustricam interpelle les pouvoirs publics afin qu’ils harmonisent rapidement les décisions administratives et techniques. Il réclame la suppression immédiate du double paiement et la consolidation d’un cadre opérationnel clair et juridiquement sécurisé. Cet appel s’inscrit dans la nécessité de préserver la fluidité des opérations portuaires, élément clé du développement industriel et commercial du pays.

Propositions pour une sortie temporaire de crise

En attendant une résolution pérenne, le syndicat suggère la mise en place d’un mécanisme de consignation des frais contestés auprès d’une institution indépendante, afin d’éviter le blocage des conteneurs. Par ailleurs, il propose la reconnaissance d’un régime de force majeure administrative, permettant la suspension temporaire de surestaries et pénalités tout en prolongeant les délais pour la délivrance des marchandises.

Une concertation indispensable pour sécuriser l’avenir

Le Syndustricam se déclare prêt à collaborer avec toutes les parties prenantes pour restaurer la sérénité et la sécurité juridique au port de Douala. Il alerte sur le risque que ce litige incarne une défaillance plus profonde dans la gouvernance logistique camerounaise, menaçant l’ensemble de l’ambition d’industrialisation du pays.

Chaque conteneur bloqué au port envoie un signal fort : sans réaction rapide, la capacité du Cameroun à consolider son développement industriel et à intégrer les chaînes globales de valeur pourrait être remise en cause.

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