Portrait officiel du Président Paul Biya, auteur de la circulaire n°001 sur le budget 2027 du Cameroun
Le Président Paul Biya, dans la circulaire n°001 sur le budget 2027, ordonne aux administrations de finir les chantiers abandonnés.
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Budget 2027 : l’État ordonne « finissez ce que vous avez commencé » – Aveu d’échec ou rigueur enfin ?

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C’est une circulaire qui sonne comme un constat d’échec. Dans la circulaire n°001 portant préparation du budget 2027, le président de la République ordonne ce que l’opinion réclame depuis dix ans : arrêter de commencer ce qu’on ne finit jamais.

Adressée au Premier ministre, aux ministres et aux gouverneurs, la lettre est claire. Plus question d’engager de nouveaux projets en 2027 pour les administrations qui traînent des passifs et des chantiers à l’arrêt. La consigne : « dépenser moins mal, et finir ce qui est commencé« .

Budget 2027 : 30% du budget en capital, le chiffre qui trahit tout

Les dépenses en capital ne doivent pas dépasser 30% du budget général. C’est l’objectif de la SND30, nous dit-on. En réalité, c’est l’aveu que les caisses sont vides. Comment investir quand on doit payer la dette, les salaires et colmater les trous ?

La priorité ira au parachèvement du barrage de Nachtigal, aux routes, à l’eau potable et au raffinage local. Autrement dit, on promet de finir en 2027 ce qui aurait dû être livré en 2020, 2022, 2024.

L’oubli qui en dit long

Plus troublant : nulle part n’est mentionné le financement des législatives et municipales de 2027. Un scrutin pourtant constitutionnel et explosif. Comment prépare-t-on un budget sans prévoir les élections ? Soit c’est un oubli volontaire, soit le report est déjà acté.

Le refrain du « made in Cameroon »

Pour le reste, le chef de l’État mise tout sur la croissance de 3,6%, tirée par le non-pétrolier à 4%. Et ressert le discours de l’import-substitution. Les administrations devront acheter camerounais, via le Piisah (Plan d’Import-Substitution Agropastoral et Halieutique), simplifier l’accès au foncier agricole et booster la Zlecaf.

Sur le papier, c’est beau. Dans les faits, on l’entend depuis 2016. Le riz local reste à 600 FCFA le kg quand le thaïlandais est à 450 FCFA. Le poulet de Galim coûte deux fois plus cher que le brésilien congelé.

La vraie phrase critique de la circulaire est à la fin, glissée comme une menace : « l’octroi des marchés publics de complaisance doit prendre fin« . Qui osera la faire appliquer ?

Cette circulaire 2027 n’est pas une orientation. C’est un aveu. L’État admet qu’il a trop commencé, mal dépensé, et qu’il n’a plus les moyens de promettre du neuf. Demander de « finir » en 2027, c’est reconnaître que 2026 s’est achevé sur des chantiers fantômes.

Reste à savoir si les ministres qui n’ont pas su finir avec 500 milliards sauront finir avec 300.

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