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Rentrée scolaire 2026/2027 : le Cameroun rêve d’Intelligence Artificielle mais fait classe sans électricité

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Ce 07 septembre 2026, à 7h30 précises, le premier coup de cloche a retenti dans tous les établissements maternels, primaires et secondaires du Cameroun. Plus de huit millions d’élèves ont repris le chemin de l’école pour le compte de l’année scolaire 2026-2027, portés par la même détermination des parents.

L’année qui s’ouvre est placée sous le signe de l’intelligence artificielle, comme l’indique le thème retenu par les autorités en charge de l’éducation. S’agit-il d’une simple fanfaronnade ou d’une réelle volonté d’arrimer les apprenants aux réalités du monde moderne ? Difficile de répondre. D’autant que les réalités sociales, sécuritaires et économiques contrastent violemment avec ce thème.

En effet, cette rentrée démarre dans un contexte particulièrement difficile. Sur le plan éducatif, elle est marquée par la clochardisation des enseignants. Vingt-six ans après la signature du statut particulier de l’enseignant, le décret d’application n’a toujours pas vu le jour. Cette situation est à l’origine d’une misère qui défraie la chronique dans ce corps de métier. Une misère qui a provoqué, ces dernières années, un départ massif de professionnels de l’éducation vers le Canada, aggravant un déficit déjà criant. Il est passé à 52 000 enseignants en 2025. Pour tenter de colmater la brèche, le seul espoir repose sur « l’enrôlement des vacataires ». Par ailleurs, ceux qui ont corrigé les examens de l’Office du Baccalauréat du Cameroun (OBC) n’auraient pas perçu leurs frais de correction depuis deux ans pour l’enseignement général et quatre ans pour l’enseignement technique, alors même que les frais de dossier ont été payés par les candidats.

À cela s’ajoute la crise infrastructurelle qui s’aggrave dans les zones rurales, rendant extrêmement pénibles les conditions d’apprentissage dans les zones d’éducation prioritaire. Une réalité encore plus complexe dans les villages Bororo ou Baka, où de nombreuses promesses ont été faites sans jamais être tenues.

Sur le volet socio-économique, le ministère du Commerce a lancé, une fois encore, sa « foire scolaire » à Yaoundé pour, dit-il, aider les parents. Une initiative qui illustre bien que le gouvernement est conscient que les enfants reprennent l’école au moment où le taux d’inflation est insupportable pour le Camerounais moyen. Le pouvoir d’achat a lamentablement chuté. Le panier de la ménagère ne permet plus d’assurer un repas décent à l’élève à son retour de classe. De nombreux compatriotes, vivant dans une pauvreté extrême, n’ont pas pu envoyer leurs enfants à l’école ce jour. D’autres n’ont pas pu leur offrir le moindre kit scolaire.

Sur le plan sécuritaire, la rentrée a été perturbée dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest. Les séparatistes ont fait crépiter les armes à Bambui dès la fin de la semaine précédant la rentrée, donnant le ton d’une année qui ne sera pas de tout repos.

Et pour revenir au thème, on se demande comment des responsables peuvent convoquer l’intelligence artificielle dans un pays où plusieurs établissements scolaires sont toujours sans électricité. Rappelons aussi que les élèves qui ont repris le chemin de l’école sont exposés au choléra. Dans les grandes métropoles comme Douala et Yaoundé, les ordures risquent de s’inviter dans les salles de classe dans les prochains jours si rien n’est fait. Et bienvenue aux maladies liées à l’insalubrité !

Si cette rentrée a bien été effective, les défis de cette année scolaire restent immenses. Car le système éducatif lui-même semble en total déphasage avec la réalité.

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