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SYCAOPAO : 21 ans de combat pour moderniser le commerce et l’artisanat en Afrique de l’Ouest

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Dans un entretien accordé le vendredi 21 août 2026, son président, Souhalio Karamoko, revient sur les grandes étapes de cette aventure, les actions menées sur le terrain, les difficultés rencontrées et les ambitions du syndicat pour les années à venir.

Créé à la suite du décès de son premier président, Mamadou Koné, le SYCAOPAO a progressivement renforcé sa présence auprès des commerçants, artisans et opérateurs économiques.

Depuis 2020, la structure est dirigée par Souhalio Karamoko, élu à sa tête avec la volonté de poursuivre et de consolider les actions engagées depuis sa création.

Parmi les périodes les plus marquantes figurent les nombreuses tournées de sensibilisation réalisées dans plusieurs grandes villes de Côte d’Ivoire. Entre 2006 et 2017, le syndicat s’est notamment mobilisé contre la commercialisation des produits contrefaits, en allant directement à la rencontre des commerçants.

Ces opérations de terrain ont également été menées avec la société Univers, notamment autour de la sensibilisation sur les produits et les pratiques commerciales. Selon le président du SYCAOPAO, ces tournées, réalisées jusqu’en 2017, constituent une partie importante de l’histoire de l’organisation et peuvent être vérifiées à travers les différents acteurs et partenaires ayant pris part à ces opérations.

L’objectif était de sensibiliser les commerçants aux dangers de la contrefaçon, de les aider à mieux identifier les produits authentiques et de contribuer à l’assainissement du marché.

L’action du SYCAOPAO ne s’est pas limitée à la lutte contre la contrefaçon. À partir de 2017 jusqu’à ce jour, à la suite des premières mesures et dispositions prises par les pouvoirs publics concernant les produits de grande consommation, l’organisation s’est engagée dans des campagnes de sensibilisation auprès des commerçants.

Cette démarche s’est poursuivie avec l’évolution des textes et des mesures intervenues notamment en 2022, et demeure d’actualité jusqu’à ce jour.

Pour Souhalio Karamoko, le rôle du syndicat est également d’expliquer les décisions publiques aux acteurs de terrain, mais aussi de rappeler aux commerçants leurs responsabilités dans l’application des dispositions relatives aux prix réglementés.

Le SYCAOPAO affirme ainsi avoir dénoncé certaines pratiques contraires aux règles fixées par les pouvoirs publics, tout en privilégiant la sensibilisation et le dialogue avec les commerçants.

La crise sanitaire liée à la Covid-19 a constitué une autre période particulièrement difficile pour les acteurs économiques.

Face aux conséquences de la pandémie, le SYCAOPAO affirme avoir encadré et accompagné plusieurs commerçants afin de les aider à faire face aux difficultés provoquées par cette crise.

Pour l’organisation, cette période a démontré l’importance d’un encadrement de proximité et d’une représentation capable de faire remonter les préoccupations des acteurs économiques auprès des pouvoirs publics.

L’accompagnement des femmes constitue également l’un des volets de l’action du syndicat.

À travers un partenariat avec le ministère chargé de la Femme, le SYCAOPAO a participé à l’encadrement de bénéficiaires de dispositifs destinés à soutenir leurs activités économiques.

Cette collaboration a notamment permis à l’organisation de jouer un rôle d’accompagnement auprès de femmes engagées dans le commerce et l’entrepreneuriat.

Pour Souhalio Karamoko, ces initiatives illustrent la nécessité de rapprocher les mécanismes publics de financement et d’accompagnement des réalités vécues quotidiennement par les petits opérateurs économiques.

Le SYCAOPAO travaille également avec l’administration fiscale, notamment à travers les services de communication de la Direction générale des Impôts (DGI).

L’objectif est de permettre aux commerçants de mieux comprendre leurs obligations fiscales et de favoriser un rapport plus serein avec l’impôt.

Pour le président du syndicat, l’impôt ne doit pas être perçu uniquement comme une contrainte ou une menace. Il doit également être expliqué afin que les commerçants comprennent leurs droits, leurs obligations et les avantages liés à une activité progressivement mieux structurée.

« Il y a eu des hauts et des bas »

Après plus de deux décennies d’existence, Souhalio Karamoko reconnaît que le parcours du SYCAOPAO n’a pas été sans difficultés.

« Il y a eu des hauts et des bas », résume-t-il, considérant que les périodes difficiles font partie de la vie de toute organisation.

Pour le président, l’essentiel demeure toutefois la capacité à surmonter les obstacles et à poursuivre la mission au service des membres.

Cette résilience constitue, selon lui, l’une des forces qui ont permis au SYCAOPAO de maintenir son action au fil des années.

Pour les prochaines années, le syndicat entend placer la formalisation au cœur de ses priorités.

Souhalio Karamoko considère que l’informalité demeure un frein important au développement de nombreux commerçants et artisans, notamment en matière d’accès au financement et aux différentes opportunités offertes par les dispositifs publics et privés.

Mais la formalisation ne peut, selon lui, reposer uniquement sur la volonté des acteurs.

Elle doit également être accompagnée par l’État à travers une simplification des procédures et une réflexion sur certaines charges susceptibles de décourager les petits opérateurs économiques.

« Il faut s’adapter au commerce moderne »

Autre priorité : la modernisation. « Nous sommes aujourd’hui en 2026 », rappelle en substance Souhalio Karamoko, estimant que les méthodes de travail utilisées il y a plusieurs décennies ne peuvent plus répondre aux exigences actuelles du marché.

Le SYCAOPAO veut donc encourager les commerçants et artisans à s’approprier les nouveaux outils, les nouvelles technologies et les nouvelles pratiques du commerce moderne.

L’artisanat est lui aussi concerné. Pour le syndicat, les professionnels doivent améliorer leurs méthodes de production, leur organisation et leur capacité à répondre aux nouvelles attentes des consommateurs.

Au-delà des questions de formalisation et de modernisation, Souhalio Karamoko plaide pour une implication plus importante des organisations professionnelles dans l’élaboration des décisions qui concernent directement leurs secteurs.

Il souhaite que les organisations de commerçants, d’artisans et d’opérateurs économiques soient davantage consultées en amont des décisions, décrets et arrêtés susceptibles d’avoir un impact sur leurs activités.

« Il faut que l’État arrive à associer véritablement les organisations des différents secteurs », défend le président du SYCAOPAO.

Pour lui, cette concertation permettrait de mieux adapter les textes aux réalités du terrain, mais également de faciliter leur application et de réduire les incompréhensions entre l’administration et les acteurs économiques.

Pour concrétiser cette nouvelle orientation, le SYCAOPAO entend également renforcer ses partenariats avec les institutions nationales, régionales et internationales.

Le financement demeure, aux yeux de Souhalio Karamoko, un levier essentiel pour permettre au syndicat de mettre en œuvre des projets structurants au bénéfice des commerçants, artisans et opérateurs économiques.

L’organisation souhaite ainsi mobiliser davantage de partenaires autour d’initiatives destinées à améliorer durablement les conditions de travail et les perspectives économiques de ses membres.

Vingt et un ans après sa création, le SYCAOPAO entend donc ouvrir une nouvelle page de son histoire.

Des tournées de sensibilisation contre la contrefaçon aux actions menées avec des partenaires comme la société Univers, en passant par la sensibilisation sur les prix des produits de grande consommation depuis 2017, l’accompagnement des commerçants pendant la crise de Covid-19, le partenariat avec le ministère chargé de la Femme ou encore les campagnes de sensibilisation fiscale, l’organisation revendique un parcours fondé sur la proximité avec les acteurs de terrain.

Sous la conduite de Souhalio Karamoko, le syndicat veut désormais franchir une nouvelle étape : faire de la formalisation, de la modernisation, de la concertation et de l’accès au financement les piliers d’un commerce et d’un artisanat plus structurés.

Un combat qui, après 21 ans, reste donc plus que jamais d’actualité pour le SYCAOPAO, avec une ambition affichée : contribuer à faire émerger des acteurs économiques mieux organisés, mieux accompagnés et davantage intégrés au développement de la Côte d’Ivoire et de l’Afrique de l’Ouest.

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