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De Bonabéri à New York : le cinéma camerounais s’impose au DIFF 2026

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Pierre la Paix Ndamé et ses frères Douala ont ouvert les festivités comme on ouvre un espace sacré : avec mesure et profondeur. Vêtus du sandja traditionnel, chemise blanche et chapeau noir à l’autorité silencieuse, les trois hommes ont plongé l’assistance dans un autre temps. L’un d’eux, pieds nus sur le sol de la salle, a immédiatement attiré les regards et les murmures : pourquoi chante-t-il sans chaussures ? Pendant que la question circulait à voix basse, les deux autres frappaient leurs tambours, libérant une mélodie sobre et enveloppante, de celles qui apaisent sans qu’on sache pourquoi. La salle, suspendue, s’est tue.

C’est dans cette atmosphère douce et concentrée que le Prince Kum’a Ndumbe III et son épouse ont fait leur entrée, suivis quelques minutes plus tard par le Dr. Roger Mbassa Ndine, maire de la ville de Douala. La cérémonie officielle pouvait commencer.

Les discours ont ouvert le bal : celui du directeur de l’Institut Français, du maire de Douala, puis de Patrick Epape, promoteur du festival. La salle s’est tue une nouvelle fois, cette fois pour l’image.

Le film choisi pour ouvrir le DIFF 2026 n’était pas anodin : _Sous le Soleil du Kwat_, de Christine Dikonguè. Ce court-métrage de six minutes n’a rien d’anecdotique. À Bonabéri, sur les berges du Wouri, là où la mémoire Sawa respire encore, la réalisatrice suit Ndol’amio, un amour simple, presque fragile, que vient troubler l’ombre d’un secret. Pas de grands effets, pas de tape-à-l’œil. Juste la chaleur du kwat et cette question qui flotte : jusqu’où peut-on aimer avant de tout perdre ?

L’œuvre a déjà traversé l’Atlantique. Sélectionnée en avril 2026 au New York African Film Festival, elle a ouvert le DIFF le 12 mai.

Sans transition, un second film a pris possession de l’écran : _Rio dos Camarões_. Une plongée dans l’histoire profonde du peuple Douala, ses origines, ses migrations, la longue marche d’un peuple vers son fleuve. Le ton avait changé, mais l’émotion était restée. À la dernière image, la salle a répondu d’un tonnerre d’applaudissements, comme pour dire que cette histoire lui appartenait et méritait d’être vue et revue.

Pour clore la soirée, le promoteur du festival a pris la parole une dernière fois pour remercier le maire, les autorités traditionnelles, et saluer les invités spéciaux venus du Canada, du Bénin et de la Guadeloupe. Preuve que le DIFF rayonne bien au-delà des berges du Wouri.

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