Certaines existences, discrètes en apparence, marquent pourtant durablement les esprits. Celle du Dr Delphine Dielle Ngone fait partie de ces rares trajectoires. Professeure au département de français de la Faculté des arts, lettres et sciences humaines de l’université de Ngaoundéré, elle s’est éteinte des suites d’une maladie, plongeant famille, collègues et étudiants dans une profonde émotion.
Née le 5 août 1977 à Bangem, elle avait consacré sa vie à transmettre le savoir et à faire dialoguer les langues. Docteure de l’université de Toulon et coordinatrice du laboratoire multilingue, elle incarnait avec humilité la rigueur des bâtisseurs d’avenir. Mais au-delà des diplômes, elle demeurait le portrait d’une femme attentive, animée par une foi vivante et un sens profond du devoir.
Un dernier voyage entre recueillement et lumière
Les hommages qui lui sont rendus suivent un rythme solennel, lente traversée où chaque instant se grave dans les mémoires.
Le vendredi 1er mai 2026, dès l’aube, son corps a quitté l’hôpital régional de Buea pour rejoindre l’hôpital central de Yaoundé. Dans l’après-midi, prières et recueillement se sont mêlés à la première montée d’un chagrin partagé.
À Ngaoundéré, le mardi 5 mai, la nuit s’est faite veille. À 19 heures, la Presbyterian Church of Cameroon a célébré un culte, suivi d’une veillée silencieuse au domicile familial. Les voix se sont unies, les souvenirs se sont transmis, et dans le calme entre deux chants, chacun a mesuré le vide laissé.
Ce jeudi 7 mai à Yaoundé, une nouvelle veillée prolonge encore l’hommage. Toute la nuit, prières, témoignages et lueurs vacillantes dessinent des signes adressés à celle qui s’éloigne, sans jamais disparaître.
Le vendredi 8 mai, viendra l’heure des adieux publics. À 10 heures, la levée du corps précédera, à 11 heures, les honneurs académiques à l’université de Yaoundé I. Puis le cortège prendra la route vers Nkol Mgbana, où la terre accueillera son retour. Une messe clôturera la soirée, suivie d’une veillée jusqu’à l’aube, comme si la nuit refusait de la laisser partir.
Enfin, le samedi 9 mai, le dernier chapitre s’ouvrira avec les cérémonies traditionnelles à partir de 9 heures. Après une messe à 13 heures, les siens l’accompagneront jusqu’à son dernier repos à 15 heures. À 15h30, un ultime moment de partage réunira les cœurs, fragile retour de la vie au milieu de la douleur.
Ainsi se dessine ce chemin final, entre souvenirs et apaisement.
Car certaines vies, même au moment de s’éteindre, continuent d’éclairer.
Dans les salles de classe, dans les cœurs qu’elle a touchés, dans les mots qu’elle a transmis, Delphine Dielle Ngone épouse Dr Dzene Edzegue demeure comme une lumière douce, posée de l’autre côté du chemin.
















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