L’Organisme de Défense des Droits de l’Homme et des Libertés Citoyennes du Cameroun (Oddhlcc) dénonce la situation des agents de la mairie de Yokadouma, privés de salaire depuis 23 mois, et réclame des sanctions contre l’autorité municipale.
« La loi ne fait pas de distinction »
Pour l’Oddhlcc, la dignité des agents de cette Collectivité Territoriale Décentralisée est _« autant dégradante que celle des employés de Sino Mart », l’enseigne fermée temporairement par le Gouvernement après des actes de violence sur un salarié.
« La loi ne distingue pas entre un employeur privé et un employeur public quand il s’agit de dignité humaine », martèle l’organisation, qui s’appuie sur le Code Général des Collectivités Territoriales Décentralisées (CGCTD).
Deux poids, deux mesures ?
L’ONG juge « anormal que le Gouvernement, qui a décidé de la fermeture temporaire du supermarché Sino Mart, ne prenne pas de dispositions coercitives contre la mairie de Yokadouma ».
« Si un supermarché est fermé pour traitement inhumain d’un agent, une mairie qui affame ses agents pendant 23 mois ne devrait-elle pas subir la même sanction ? À défaut, la tutelle ne devrait-elle pas engager des contrôles, des poursuites pénales ou procéder à la substitution d’office ? », s’interroge l’Oddhlcc.
Le paradoxe des 153 millions d’excédent
Le fait est d’autant plus choquant que le compte administratif de la mairie fait état d’un excédent budgétaire de 153 410 616 FCFA, alors que les arriérés de salaire ne s’élèvent qu’à 92 046 369 FCFA.
Or, « les salaires constituent une dépense obligatoire et prioritaire »_, rappelle l’Oddhlcc. Pourtant, à Yokadouma, « mettre en réserve cet excédent paraît plus utile » que de payer les agents.
23 mois = une vie en suspens
L’organisation rappelle les conséquences humaines : 23 mois d’arriérés de salaire, c’est une privation de nourriture, de soins de santé et de scolarité pour les enfants. Un véritable « traitement inhumain et dégradant ».
« Aucun incident diplomatique à éviter »
L’Oddhlcc revient sur l’argument du Ministre du Travail et de la Sécurité Sociale dans l’affaire Sino Mart, qui évoquait un « incident diplomatique » à éviter avec un employeur chinois.
« Trouver une solution pour le personnel de la mairie de Yokadouma est d’autant plus urgent qu’ici, aucun incident diplomatique n’est à éviter », souligne l’ONG.
Ce que demande l’Oddhlcc
Si « fermer une mairie » est impossible, l’organisation attend « tout au moins une mise en demeure par le préfet de la localité, conformément à l’article 71 du CGCTD ».
















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