L’actualité législative au Cameroun, marquée par l’adoption parlementaire de la révision constitutionnelle créant un poste de Vice-Président, ne constitue pas un simple ajustement administratif. Elle représente l’épicentre d’une onde de choc géostratégique. Dans un contexte de reconfiguration mondiale où l’Afrique devient le théâtre d’une lutte acharnée entre le souverainisme émergent et le néolibéralisme globaliste (porté par les réseaux de la « Françafrique »), cette réforme apparaît comme l’ultime manœuvre d’échecs du Président Paul Biya.
I- LA FIN DU « SCÉNARIO ÉCRIT » : REPRENDRE LA MAIN SUR LA TRANSITION
Pendant des décennies, les mécanismes de dévolution du pouvoir en Afrique centrale ont été scrutés, voire pilotés, par des officines occidentales. Le système néolibéral, pour assurer la pérennité de ses intérêts économiques et stratégiques, a besoin de prévisibilité.
– L’ancien mécanisme : En cas de vacance, la transition statutaire classique offrait des fenêtres de tir prévisibles aux réseaux d’influence pour activer leurs relais au sein de l’appareil d’État (l’endocolonat).
– La rupture par la Vice-Présidence : En déplaçant le curseur de la succession vers une nomination discrétionnaire du Chef de l’État, Paul Biya neutralise les algorithmes de succession pré-établis à l’étranger. Le Vice-Président, devenant le dauphin constitutionnel, n’est plus le produit d’un consensus de réseaux, mais le choix d’un homme qui, jusqu’au bout, a pratiqué l’art de la contre-influence.
II- LE RÔLE DE LA PRESSE ET LA GUERRE DE L’INFORMATION
L’hostilité initiale d’une certaine presse locale, souvent perçue comme la chambre d’écho des intérêts métropolitains, est un indicateur géopolitique majeur. Si le système globaliste fustige ce projet, c’est parce qu’il introduit une variable d’incertitude fatale pour ses plans de contrôle.
Désormais, nous assistons à la Phase 2 de cette stratégie de déstabilisation :
– Le « Naming » stratégique : Faute de pouvoir bloquer la loi, les réseaux d’influence tentent d’orienter le choix présidentiel. Les noms jetés en pâture dans l’opinion publique ne sont pas des suggestions fortuites ; ce sont des ballons d’essai visant à imposer des profils « compatibles » avec le système néolibéral.
– L’enjeu de l’imagerie collective : En saturant l’espace médiatique de visages familiers du sérail, l’objectif est de rendre « illégitime » ou « surprenant » tout choix qui porterait sur un profil purement souverainiste, non inféodé aux logiques de la Françafrique.
III- GÉOSTRATÉGIE DE LA TRANSITION : ENTRE SOUVERAINETÉ ET SPOLIATION
Le poste de Vice-Président cristallise aujourd’hui l’affrontement entre deux visions antinomiques de l’État : d’un côté, la perpétuation du modèle de l’endocolonat, où une haute administration largement formatée par les logiciels néolibéraux occidentaux manœuvre pour préserver ses rentes et la tutelle de la Françafrique ; de l’autre, l’affirmation d’une souveraineté géostratégique réelle. Dans cette perspective, le futur Vice-Président ne sera pas seulement un successeur constitutionnel, mais le garant d’une autonomie monétaire, sécuritaire et diplomatique. Le choix d’un profil capable de résister aux pressions des réseaux d’influence étrangers déterminera si le Cameroun reste un maillon du système globaliste ou s’il s’érige en bastion du renouveau panafricain, capable de diversifier ses alliances stratégiques vers les puissances émergentes sans interférence extérieure.
Sur le plan de la géopolitique interne, cette nomination agira comme un filtre décisif contre la spoliation systémique des ressources nationales. Si le profil retenu émane des cercles adoubés par les officines néolibérales, le Cameroun risque un retour brutal dans les cycles de dépendance financière et de soumission aux agendas internationaux qui freinent son décollage. À l’inverse, un Vice-Président porteur d’une doctrine de rupture permettrait de verrouiller la transition contre les tentatives de déstabilisation orchestrées par les relais médiatiques et politiques de l’ancien ordre.
IV- CONCLUSION : LE CHOIX DE LA RUPTURE OU DE LA CONTINUITÉ SERVILE
Si le Président Paul Biya promulgue cette loi, l’identité de celui qu’il nommera sera l’acte politique le plus important de son long magistère.
– Si le profil est un « Inconnu des Réseaux », le Cameroun aura réussi son « Putsch constitutionnel » contre l’ingérence étrangère, assurant une transition protégée des appétits globalistes.
– Si le profil est un « Baron du Système », le risque de voir le pays retomber dans les mailles de la Françafrique, pieds et mains liés par la dette et les accords secrets, sera maximal.
En somme, l’institution de la Vice-Présidence n’est pas une simple réforme de plus. C’est l’ultime rempart géostratégique destiné à garantir que la succession au sommet de l’État camerounais se décide à Yaoundé, et non dans les salons feutrés de Paris ou de Bruxelles. La souveraineté totale du Cameroun se joue maintenant, dans le secret du décret de nomination à venir.
















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