Une culture vivante en forêt
À Mintom, la culture Baka dépasse le folklore : elle se vit, se renouvelle et se transmet. Le salon organisé autour du Musée Vivant Baka d’Assok a révélé cet héritage immatériel, montrant que la tradition devient un moteur durable lorsqu’elle est respectée et intégrée aux politiques locales.
Des femmes au cœur du changement
Women Impact Stand Up (Wistup), dirigée par Nemgne Nokam Josseline épouse Namekong, présidente fondatrice et conseillère en propriété intellectuelle, s’affirme par son engagement constant en faveur d’un tourisme responsable, inclusif et porteur d’opportunités pour les femmes et les jeunes. Lors de leur récente descente, elle était accompagnée de deux membres clés de l’association : Janet Temgoua, secrétaire générale, et Djiometio Rachelle, vice-présidente. Le partenariat avec l’APIFED, fort de plus de vingt ans d’expérience dans l’autonomisation des populations locales et la promotion d’un développement participatif, a permis d’échanger autour de la sensibilisation, la formation et l’accompagnement des femmes à la protection et à la valorisation des produits écotouristiques, ainsi que sur la mise en place d’une labellisation communautaire pour garantir la sécurité financière de la communauté et réduire la pauvreté. Ces actions s’inscrivent dans le cadre du programme « Inventher », dédié à la formation et à la sensibilisation à la propriété intellectuelle pour soutenir les femmes entrepreneures dans la valorisation de leurs produits et services, ainsi que du programme « No More Depended Women » (Plus de femmes dépendantes), qui encourage un entrepreneuriat féminin dynamique. La promotion de la protection de l’environnement et du développement durable constitue par ailleurs un engagement fondamental de l’association.
Une exigence culturelle à l’origine
Lancé en 2014 par des patriarches Baka avec le soutien de l’APIFED, le Musée Vivant Baka vise à préserver la culture dans son milieu naturel. Rejetant toute folklorisation urbaine, le choix s’est porté sur Assok, en pleine forêt, un site validé par des communautés venues du Cameroun et de la sous-région. Cet espace constitue aujourd’hui un lieu de transmission capital pour une culture longtemps marginalisée.
Vers un écotourisme structuré
Ce salon a jalonné la construction d’une offre écotouristique cohérente, combinant patrimoine, produits locaux et innovation sociale. Le musée vivant, les produits forestiers, la transformation locale et la domestication de plantes comme le moabi s’intègrent maintenant dans des circuits touristiques conçus avec les communautés, dans une démarche d’immersion respectueuse des équilibres culturels et environnementaux.
Former pour professionnaliser
Sous la coordination de Banne Marie, l’APIFED a formé une cinquantaine de jeunes accompagnateurs touristiques originaires de Djoum et de Mintom. Ces professionnels ont reçu leurs diplômes lors d’une cérémonie officielle présidée par le délégué régional du Tourisme et des Loisirs du Sud, qui a salué la qualité de l’organisation, félicité les diplômés pour leur engagement et réaffirmé le soutien constant de l’État aux initiatives favorisant un tourisme durable et créateur d’emplois dans les communes forestières.
Soutien institutionnel et économique
Le Fonds National de l’Emploi facilite l’insertion professionnelle des jeunes formés, encourageant à la fois l’auto-emploi et l’intégration dans des structures spécialisées. Le site accueille aussi des activités écocompatibles, telles que la fabrication d’objets en argile ou la production de pavés à partir de déchets plastiques, illustrant la capacité du territoire à transformer ses ressources en opportunités économiques durables.
Résultats tangibles sur le terrain
La fréquentation régulière du site génère déjà des revenus directs pour la communauté Baka et stimule les circuits économiques locaux. Plusieurs jeunes s’investissent en outre dans la surveillance forestière, la cartographie participative et l’installation de caméras-trap pour le suivi de la faune, renforçant leur responsabilité envers leur environnement.
Un rayonnement national affirmé
Le site bénéficie d’un soutien croissant d’institutions publiques et d’acteurs privés, tels que Travel Card, Global Conservation et le ministère de la Jeunesse. Ce réseau de partenaires contribue à accroître la visibilité du Musée Vivant Baka et à attirer de nouveaux investissements, positionnant progressivement Mintom comme une référence de l’écotourisme communautaire.
Le rôle central des femmes
Dans la société Baka, la femme est gardienne de la hutte et symbole de la forêt nourricière. Ce modèle s’accorde pleinement avec la mission de Women Impact Stand Up, qui valorise les femmes en tant que piliers du développement local, médiatrices sociales et entrepreneures.
Vers une reconnaissance internationale
Depuis le festival culturel de septembre 2025, la candidature du Musée Vivant Baka au patrimoine mondial de l’UNESCO est en cours. Le soutien financier déjà accordé et la mobilisation de chercheurs pour évaluer la conformité du site aux critères internationaux laissent entrevoir une reconnaissance capable de renforcer durablement l’attractivité de la région.
Prévenir les dérives
Face aux risques liés au développement touristique, l’APIFED mène depuis plus de vingt ans des actions de sensibilisation auprès des jeunes et des filles. À Assok, les Baka assurent eux-mêmes la veille et la prévention des comportements nuisibles, notamment la prostitution et la pollution, contribuant ainsi à instaurer un tourisme éthique et responsable.
Une alliance porteuse d’avenir
À Mintom, Women Impact Stand Up et l’APIFED montrent que culture, emploi, environnement et leadership féminin peuvent converger vers un modèle de développement durable et enraciné. Le Musée Vivant Baka d’Assok dépasse son rôle touristique pour incarner une vision où les communautés, fières de leur identité, deviennent les architectes de leur propre progrès.
















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