Un réseau électrique interconnecté est un ensemble de systèmes de transport d’électricité (lignes à haute/très haute tension) reliant plusieurs réseaux nationaux, régionaux ou centrales de production. Il permet l’échange d’énergie transfrontalier, mutualise les réserves pour la sécurité d’approvisionnement et favorise l’intégration des énergies renouvelables.
En ce qui concerne son fonctionnement, il permet aux gestionnaires de réseau d’équilibrer la production et la consommation en temps réel, souvent en transférant l’énergie depuis les zones de production moins chères vers celles à prix élevé. Les réseaux interconnectés présentent des avantages en ce qui est de l’amélioration de la fiabilité (soutien mutuel en cas de panne) et de l’optimisation des coûts de production. Ça c’est pour les techniciens
Pour les politiciens, au Cameroun, tout avait commencé avec le mandat des « Grandes ambitions » où des choses avaient été imaginées. Vint ensuite l’ère des « Grandes réalisations » avec les projets structurants. Le Cameroun avait alors engagé la construction des barrages hydroélectriques : Lom Pangar dans la région de l’Est, Memve’ele et Meking dans la région du Sud, barrage de la Mapé dans la région de l’Adamaoua, barrage de Nachtigal dans la région du Centre. Lesquels allaient venir en soutien aux barrages de Song Lou Lou, Edéa et Lagdo déjà fonctionnels dans les régions du Littoral et du Nord. Il avait même été indiqué qu’avec ces atouts, le Cameroun allait même devenir un pays exportateur d’énergie électrique. Inéluctablement, le problème de transport de cette énergie allait se poser. D’où la création de la Société nationale de transport d’électrique (Sonatrel) et surtout l’annexion à cette fameuse idée de Réseau interconnecté. On en dénombrait alors trois grands réseaux : le Réseau Interconnecté Sud (Ris), le Réseau Interconnecté Est (Rie) et le Réseau Interconnecté Nord (Rin).
Changement de cap
Alors que par-ci, par-là, on procédait à la mise en eau, le langage a aussi commencé à changer. On ne parlait plus de barrage hydroélectrique, mais de barrage de retenue. Fait qui devenait difficile à intégrer dans les mentalités étant entendu qu’il avait été dit qu’avec la mise en place de tous ces barrages, les pénuries d’électricité n’allaient plus se poser. Alors qu’il est établi que qu’un barrage de retenue (ou de stockage) a pour but premier de stocker l’eau, gérer les crues ou l’irrigation, tandis qu’un barrage hydroélectrique est spécifiquement conçu pour convertir l’énergie hydraulique en électricité. Entretemps, la Sonatrel continuait et continue de construire des lignes de transport.
Que se passe-t-il donc en ce moment avec la recrudescence des délestages ? L’interconnexion dont parle tant n’est-elle plus possible ? Les techniciens auraient-ils raté cette opération ? Ou alors tout ce tapage médiatique fait tout autour de cette idée n’était que de l’enfumage comme on sait bien le faire au Cameroun ? S’il faille qu’on différencie clairement un barrage de retenue d’un barrage hydroélectrique, comment expliquer alors que ceux dits de retenue, ne jouent pas toujours ou encore leur rôle ?
Et si c’est l’interconnexion qui fait problème, pourquoi ne pas se résoudre à utiliser le barrage de Memve’ele uniquement pour la région du Sud (notons qu’au passage, le barrage de Mekin pas très loin du village du chef de l’Etat, n’a fonctionné que le temps des essais) ? Pourquoi n’avoir pas pensé à user de celui de Lom Pangar rien que pour l’Est, Lagdo pour le Nord, Mapé pour l’Adamaoua et le Nord-ouest, Edéa et Song Lou Lou pour le Littoral et le Sud-ouest, Nachtigal pour le Centre et l’Ouest et naturellement augmenter les capacités des centrales solaires de la région de l’Extrême-nord ? Ainsi, tout le monde sera servi.
Réseaux interconnectés, est-ce un autre éléphant blanc ? Barrage de retenue, barrage hydroélectrique : qu’on nous explique de quoi il en retourne réellement.
















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