Louis Paul Motaze, ministre des Finances, a officiellement lancé le budget 2026 le 13 janvier 2026. C’était dans la ville de N’Gaoundéré, région de l’Adamaoua. Dans son allocution, des indications étaient données dans le sens de la matérialisation de la décentralisation et surtout de l’import-substitution. Deux aspects qui appellent au développement du tissu industriel local et à la modernisation des infrastructures routières notamment. Aussi pourrait-on comprendre que le ministère des Travaux publics se soit tapé la part du lion dans cette répartition budgétaire sans toutefois penser que le rôle des autres départements ministériels serait négligeable.
Or, qui dit import-substitution, dit accentuation de la production locale et spécifiquement la production agro-sylvo-pastorale et halieutique. Etant entendu qu’aucun pays au monde ne s’est développé en laissant en arrière-plan le volet agricole, il est curieux de savoir que dans le contexte du Cameroun, pays à vocation essentiellement agricole, le budget du ministère de l’Agriculture et du développement rural n’ait à peine dépassé la barre de 100 milliards de Fcfa (114 milliards de Fcfa), que celui du ministère de la Recherche scientifique et l’innovation (MINRESI) ait plafonné à 34,9 milliards Fcfa ; celui du ministère de l’Élevage, pêches et des industries animales (MINEPIA) à 56,509 milliards Fcfa, et celui des Mines, de l’industrie et du développement technologique (MINMIDT) à 13,309 milliards FCFA. Des départements ministériels qui, à notre sens, sont portés vers la valorisation du « made in Cameroon ». Il vient que sans le développement de l’agriculture au sens large du terme, sans la recherche et sans le développement technologique, le cycle des importations ne pourra que se perpétuer.
Et quand l’Institut nationale de la statistique nous apprendra que le Cameroun a encore et toujours sorti d’importantes sommes d’argent comme en 2024 pour l’importation du blé : 214 milliards de FCFA ; 320 milliards de FCFA pour le riz, soit une augmentation de 59 % par rapport à 2023), 167,3 milliards de FCFA pour l’importation de 207 092 tonnes de poissons congelés, alors qu’il dispose de plus de 400 km de côte maritime, mais sans le moindre bateau de pêche.
Si l’on peut comprendre le fait que le ministère des Travaux publics se soit taillé une enveloppe de 741 milliards Fcfa, que le ministère de l’Eau et de l’énergie suive avec 425,732 milliards Fcfa, le ministère de la Santé avec plus de 389 milliards Fcfa, que le ministère de la Défense ait engrangé plus de 388 milliards Fcfa, on se demande par contre pourquoi le Minader n’apparait qu’à la 9ème place et dans le même temps, 11% de personnes sera en insécurité alimentaire et nutritionnelle aigüe au Cameroun.. Le débat reste ouvert.












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