Chacun ira de sa propre idée. Mais un constat est clair : la lutte contre l’insalubrité dans la capitale économique camerounaise s’apparente au mythe de Sisyphe.
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De ville plus belle à ville poubelle : Douala carbure aux ordures

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Douala redeviendra-t-elle cette ville propre d’antan, le « Douala Mbengue » que certains ont connu ? Est bien malin qui pourrait répondre à cette interrogation à l’allure où vont les choses. Mais à y voir de près, c’est le mythe de Sisyphe qu’il semble être question à chaque fois qu’il faut évoquer les problèmes liés à cette insalubrité rampante dans la ville de Douala. Car, plus on initie des programmes et des initiatives allant dans le sens d’une lutte « acharnée » contre ce fléau, plus le phénomène grandit. On eût dit une hydre. Sur le banc des accusés :   la Société d’hygiène et salubrité du Cameroun (Hysacam) qui, soit ne ferait plus convenablement son travail, soit serait dépassée par l’intensité du travail à abattre quand on sait que la ville de Douala produirait près de 3000 tonnes d’ordures ménagères par jour ; la Communauté urbaine de Douala (Cud) qui ne parviendrait plus à assumer ses responsabilités vis-à-vis d’Hysacam, financièrement parlant ; les Communes d’arrondissement qui, évoquant elles-aussi l’indisponibilité de moyens financiers et matériels, ont abandonné tout le travail à la Cud alors que dans le cadre de la décentralisation, leur implication est impérative. Et enfin les populations qui sont accusées d’inciviques. On se retrouve dans un tourbillon sans fin où on se rejette réciproquement les responsabilités. Entre-temps, la pollution de l’air et de l’environnement ne cesse de prendre de l’ampleur. Douala suffoque pour tout dire.

Si les populations productrices de ces ordures ménagères seraient en même temps les victimes et les acteurs principaux de cette situation, on se demande bien pourquoi avec tout ce que l’on déploie en termes matériels et financiers, rien ne change. Sinon, comment comprendre qu’en plus d’Hysacam, que la Cud ait signé une autre convention avec une autre structure pour faire le même travail ? Où sont passés ces nouveaux camions destinés à cette tâche que la Cud a présenté aux populations à la veille de l’élection présidentielle ? Et le programme Douala Clean City présenté avec grand renfort de publicité, pourquoi « tousse-t-il » autant alors qu’il est indiqué que des moyens y sont mis ?

Voici, il y a quelques heures, et dans le cadre du programme Douala Clean City, le Port autonome de Douala (Pad), est venu en soutien aux amazones de la Women Clean City de la Cud à travers la remise d’un matériel. La cérémonie a drainé du beau monde. On a même parlé d’un appui fort et salvateur. Sur le terrain, il a été fait cas d’un programme indiquant les jours de passage des camions de ramassage des ordures de la nouvelle société ayant signé des accords avec la Cud, dans divers quartiers de la ville. Mais pour l’heure, rien de significatif encore. D’où ces interrogations : l’espoir de voir la ville de Douala redorer son blason en ce qui est de la salubrité demeure-t-il vraiment ?  Toute cette agitation n’est-elle pas liée à des fins électoralistes quand on sait que dans les mois qui viennent, les populations seront encore plongées dans le carcan des élections législatives et municipales ? Alors, faut-il en rire ou en pleurer ? Question de conscience.

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