Pour davantage comprendre de quoi il en retourne, l’on devrait absolument se procurer son ouvrage intitulé « On ne nous a pas tout dit » qu’elle a d’ailleurs présenté au public de Douala le 2 avril 2025 au cours d’une cérémonie de dédicace qui a vu la présence du délégué régional du ministère des Arts et de la culture pour le Littoral, du représentant du délégué régional du ministère de la Promotion de la femme et de la famille.
Selon l’expression « crève l’abcès » renvoie au fait qu’on vide une adénopathie, un furoncle de son contenu putride, question de pouvoir soigner l’organe atteint. Dans un sens imagé, cette expression renvoie à l’éclatement de la vérité sans plus de réserve. C’est pourtant ce qu’il y a lieu de comprendre dans l’ouvrage de Michelle Bilong, quand bien même il est intitulé : « On ne nous a pas tout dit ». Ceci en rapport à son engagement, au témoignage émouvant, impressionnant qu’elle présente au sujet de la condition féminine, du moins, de ce que la femme continue de subir au sein d’une société dans laquelle elle devrait pourtant être adulée.
Très agréable à la lecture, dans un langage « terre à terre » comme on dit chez nous, il est abordé dans cet ouvrage des défis auxquels les femmes sont confrontées, singulièrement les pressions sociales, les difficultés liées à la maternité et surtout des violences physiques ou psychologiques dont elles sont victimes.
Sans appeler ses sœurs à la révolte, l’auteure œuvre plutôt à encourager les femmes à prendre conscience de leur propre valeur, à renforcer leur confiance et davantage à défendre leurs droits. Nulle part, il n’est question de rivalité ou d’égalité entre l’homme et la femme. Mais on y décèle un réel engagement de l’auteure à poursuivre, à établir, à construire, à mûrir la réflexion et le dialogue entre l’homme et l’amour.
Elle parle à cet effet de complémentarité et de compréhension mutuelle quand on sait qu’il « y a un gros problème d’intolérance dans notre société, de communication et même d’immaturité » tant du côté de l’homme que de la femme.
Mais pourquoi laisser croire qu’ « On ne nous a pas tout dit » alors qu’effectivement tout est dit ? Mystère. Les uns et les autres devraient aller investiguer à l’intérieur de cette marmite en couverture de cet ouvrage.
Bon à savoir, Michèle Bilong, diplômée en management, fondatrice d’une école internationale, auteure des livres pour enfants à l’instar de « Les Aventures de Dodi la tortue ». C’est une écrivaine camerounaise qui se démarque par son engagement en faveur du genre dans une société qui se veut pourtant matriarcale et des questions sociales. Quand bien même elle ne fait pas dans les faux-fuyants, elle sait toutefois qu’ « On ne nous a pas tout dit ». Peut-être reste-t-il aux femmes victimes de nous dire le reste.
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